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Sans de meilleurs outils, les policiers sont menottés

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Des dizaines de personnes étaient rassemblées au pied du mont Royal dimanche.

Photo Camille Lalancette

Des dizaines de personnes étaient rassemblées au pied du mont Royal dimanche.

Si le gouvernement Legault souhaite serrer la vis aux récalcitrants quant au respect des mesures sanitaires annoncées lundi, il devra fournir de meilleurs outils aux policiers, estiment nombre d’entre eux.

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« C’est un décret qui n’a pas de dents », a illustré un officier d’un service de police, en référence aux pouvoirs alloués pour intervenir dans les bars depuis le 14 septembre.

« On est toujours en attente de la Sécurité publique. On doit faire sept étapes avant de donner un ticket », a déploré un autre policier.

« C’est un processus lourd. Si on veut être efficace, il faudra que la réglementation s’uniformise à travers le Québec », a ajouté Michel Lefebvre, capitaine de la Régie intermunicipale de Richelieu–Saint-Laurent, quelques heures avant la conférence de presse du gouvernement.

Un mois plus tôt, des jeunes ont fêté sur un terrain vague dans Hochelaga-Maisonneuve.

Photo d’archives, Martin Alarie

Un mois plus tôt, des jeunes ont fêté sur un terrain vague dans Hochelaga-Maisonneuve.

Lundi, le premier ministre François Legault a indiqué que la distanciation de deux mètres devra être respectée lors des rassemblements extérieurs. Le masque devra aussi être porté lors de manifestations. Il a aussi précisé que la ministre de la Sécurité ferait savoir dans les prochains jours comment les forces de l’ordre pourront intervenir.

Or, il y a deux semaines, Québec donnait le pouvoir aux policiers de donner des contraventions pour non-respect des règles de distanciation et du port du masque dans les établissements licenciés.

Mais un faible pourcentage des interventions s’est traduit en constats d’infraction, puisque les corps policiers suivent les directives du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Par exemple, la Sûreté du Québec (SQ) a émis 2306 avertissements, contre seulement sept au cours de ces deux semaines.

La sensibilisation d’abord

« C’est sûr que le ton du gouvernement est plus sévère, mais on nous demande quand même de prime abord de sensibiliser », avait commenté en après-midi Claudine Després, capitaine de la police de Longueuil.

« Il faut avertir, et la personne reçoit une contravention seulement si elle ne se conforme pas. Il faut être très désobéissant pour en obtenir une », avait aussi expliqué le sergent à la SQ Hugo Fournier, sans vouloir se prononcer sur l’aspect politique de l’affaire.

« Honnêtement, il est temps que [le gouvernement] se réveille, s’indigne l’avocat et analyste judiciaire François-David Bernier. Malheureusement, s’il n’y a pas de sanctions, les gens vont encore entraver les règles. »

Tous les intervenants questionnés s’entendent à dire qu’une sanction remise en main propre a un effet plus dissuasif qu’un avertissement.

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