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Hugo Girard est poussé dans les câbles par la police

Une enquête de la SQ établit des liens entre l’homme fort et des proches des Hells

Eric Thibault | Le Journal de Montréal

Une enquête de la Sûreté du Québec établit des liens d'affaires entre des proches des Hells Angels et l'homme fort Hugo Girard. En mortaise, le promoteur Yan Pellerin, avec qui Girard a fondé la firme New Era Fighting & Promotion.

Photos d'archives Ben Pelosse et Pierre-Paul Poulin

Une enquête de la Sûreté du Québec établit des liens d'affaires entre des proches des Hells Angels et l'homme fort Hugo Girard. En mortaise, le promoteur Yan Pellerin, avec qui Girard a fondé la firme New Era Fighting & Promotion.

L’animateur et homme fort Hugo Girard entretiendrait des liens d’affaires avec un membre des Hells Angels et deux proches du gang de motards, selon une enquête de la Sûreté du Québec.

C’est ce qu’un analyste civil de la Sûreté du Québec (SQ), Eric Courchesne, a déclaré mercredi devant la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) dans le dossier de la firme New Era Fighting & Promotion et son président Yan Pellerin, qui réclament un permis pour organiser des galas de boxe et d’arts martiaux mixtes (MMA).

La SQ se dit préoccupée par « l’intégrité » de la firme à la suite d’une enquête de sécurité faite à la demande de la Régie.

M. Courchesne a relevé des « liens » que le promoteur Pellerin et celui qui a fondé la firme avec lui l’an dernier, Hugo Girard, entretiendraient avec des individus « associés au crime organisé ».  

Girard, un ancien policier de Gatineau, était actionnaire à 50 % de New Era Fighting jusqu’à tout récemment, mais n’y a plus d’intérêt financier. L’ex-champion de compétitions d’hommes forts en resterait toujours administrateur, d’après la SQ.

Le centre d’entraînement dont Girard est propriétaire à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, le Hugo Gym, auparavant appelé le Pro Gym Saint-Jean, abrite les activités d’une compagnie liée aux motards, selon M. Courchesne.

Motards, boxe et stéroïdes

Cette compagnie, Pro Boxe, compte parmi ses actionnaires l’influent Hells Angel du chapitre de Montréal Claude « Ninja » Pépin, qui agit aussi comme entraîneur, et Luc Gauthier, ex-président des Jokers de Saint-Jean, le défunt club-école des Hells du chapitre de Trois-Rivières. 

De plus, Daniel Fontaine, l’actuel gérant et ancien président de ce gymnase, est aussi considéré comme une relation des Hells par la SQ.

Fontaine s’est reconnu coupable de possession de « plusieurs milliers de comprimés et de fioles de stéroïdes » en 2017, a renchéri mercredi le sergent Alain Belleau, l’expert de la SQ sur les bandes de motards hors-la-loi.

Les policiers avaient effectué une perquisition au gymnase d’Hugo Girard lors de cette enquête en raison de l’emploi que Fontaine y avait, d’après le sergent.

Dans le bunker

Ce dernier a ajouté que Yan Pellerin a été « en lien direct » avec les Hells, bien qu’il n’ait plus de « lien contemporain » avec eux.

En 2003, il a arbitré un combat de boxe sur les terrains du bunker des Hells à Lennoxville, un arrondissement de Sherbrooke. En 2004 et 2005, Pellerin a participé au tournoi de golf des Hells de Sherbrooke au profit de la fondation Rêves d’enfants. 

Le sergent Belleau a dit craindre « un risque d’infiltration d’un secteur de l’économie légale par les Hells Angels, qui ont accès à des sommes colossales d’argent provenant du trafic de drogue » et pourraient tenter d’en blanchir dans les activités de boxe et de MMA.

L’audience de cette cause reprendra la semaine prochaine.