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L’emprunt pour un REEE, une stratégie payante

Daniel Germain | Journal de Montréal

Oui, d’accord, c’est un peu plus compliqué que de ramasser une liasse de billets qui traîne par terre, mais emprunter pour contribuer au REEE (Régime enregistré d’épargne-études) des enfants n’est pas loin derrière parmi les moyens faciles de faire une passe d’argent. Voici comment.

Parlons d’abord de « l’effet levier », c’est la stratégie impliquée ici. En gros, cela consiste à accumuler des gains en investissant très peu d’argent soi-même, mais beaucoup celui des autres. C’est emprunter pour investir.

Bien des gens en font l’expérience sans s’en rendre compte. 

Des conditions

Ce phénomène est à l’œuvre quand on conserve tous les profits à la revente de la maison qu’on a achetée cinq ans plus tôt avec une mise de fonds de 20 %.

La condition pour que ça fonctionne : le rendement doit être plus élevé que le coût d’emprunt. Si on perd de l’argent avec son investissement, la stratégie devient rapidement ruineuse. C’est pourquoi on ne la recommande pas pour acheter des actions. 

Avec le REEE, ce risque disparaît. Mieux : avec les subventions de 30 % des gouvernements, on a la certitude que notre investissement générera des gains supérieurs au coût d’emprunt. 

Comment ça marche?

Attention ! On n’emprunte pas à l’ouverture du Régime enregistré d’épargne-études, quand l’enfant est jeune. 

La stratégie devient surtout efficace à la fin, quand son enfant approche de ses études postsecondaires, entre 14 et 17 ans. Elle permet alors de récupérer des subventions qu’on a ratées au cours des années passées. 

Quand l’ado a atteint 18 ans et commence le CÉGEP, ses parents peuvent ensuite récupérer leurs cotisations pour rembourser le prêt et les intérêts. L’étudiant conserve les subventions et les rendements. 

Des parents ont le droit de déposer un maximum de 2500 $ par année pour toucher 750 $ en subventions. Dans une année, ils peuvent aussi récupérer les contributions d’une année précédente, ce qui porte le plafond de la cotisation à 5000 $, et l’aide des gouvernements à 1500 $. 

Des parents qui n’ont pas l’argent nécessaire pour combler des droits de contributions ont donc tout intérêt à emprunter pour récolter les subventions. 

Des milliers de dollars faciles

Ian Sénéchal recourt souvent à cette stratégie pour ses clients. Le représentant en épargne collective et conseiller en sécurité financière de Québec a réalisé pour nous un petit tableau qui met en relief les avantages de la stratégie.

Dans cet exemple, les souscripteurs empruntent 18 000 $ à 3,95 %, soit 3000 $ la première année, puis 5000 $ chacune des trois années suivantes. Les sommes sont placées dans un REEE (des Certificats de placement garanti, CPG, à 1 %), ce qui déclenche des subventions de 5400 $. 

Les prêts sont remboursables à la fin, avec intérêts (1719 $), quand les cotisations peuvent être récupérées. 

Âge du bénéficiaire Emprunts Intérêts (3,95%) Rendements Subventions
14 3000 $ 503 $ 122 $ 900 $
15 5000 $ 616 $ 152 $ 1500 $
16 5000 $ 403 $ 101 $ 1500 $
17 5000 $ 198 $ 50 $ 1500 $
Coût
1719 $

Gain

424 $ 5400 $
Gain net


4104 $

CONSEILS

Certaines institutions financières offrent des prêts REEE. L’idéal est d’utiliser une marge de crédit hypothécaire, si possible.

Pour contribuer au REEE d’un jeune de 16 ou 17 ans, un montant d’au moins 2000 $ doit avoir été cotisé à son REEE avant la fin de l’année civile où il a atteint 15 ans.

Sinon, un montant minimum de 100 $ par année doit avoir été cotisé à son REEE pendant au moins quatre des années précédant la fin de l’année civile de son 15e anniversaire.