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Débat à Québec sur des excuses d’Ottawa

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Les libéraux à Québec hésitent à voter en faveur d’une motion, appuyée par l’ensemble des autres partis, afin de réclamer des excuses officielles d’Ottawa pour l’arrestation sommaire de près de 500 personnes durant la crise d’Octobre 70. 

Le texte présenté par le Parti québécois a reçu l’appui de la CAQ et de Québec solidaire, mais le Parti libéral du Québec pourrait empêcher la tenue d’un vote lors du dépôt de la motion au Salon bleu, prévu aujourd’hui.

« On demande des excuses officielles de la part du premier ministre du Canada et une ouverture complète des archives de toutes les institutions fédérales impliquées dans les événements afin que la lumière soit faite une fois pour toutes », résume le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé.

Le libellé exact, précise-t-il, pourrait être appelé à changer.

La promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, le 16 octobre 1970, dans la foulée des enlèvements de James Cross et Pierre Laporte par le Front de libération du Québec, a mené à l’arrestation d’au moins 497 Québécois.

Il s’agissait généralement de gens liés de près ou de loin au mouvement souverainiste et certains prévenus n’ont été libérés que des semaines, voire des mois plus tard. 

Avec cette mesure exceptionnelle, adoptée par Ottawa à la demande du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal, le gouvernement fédéral suspendait les libertés civiles. En parallèle, quelque 8000 soldats de l’armée canadienne ont été déployés dans les rues de Montréal. 

« État totalitaire »  

Pour M. Bérubé, cette opération était « digne d’un État totalitaire ». « Ça a laissé des traces psychologiques chez plusieurs personnes qui se sont fait réveiller durant la nuit à coups de botte dans les portes », souligne le chef péquiste. 

Bien qu’Ottawa ait agi à la demande du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal, le PQ estime que c’est Ottawa qui a choisi le moyen des mesures de guerre. « Il l’a choisi et il en a abusé », dit M. Bérubé. 

Lorsque la statue de John A. Macdonald a été déboulonnée et décapitée à Montréal, fin août, le premier ministre Justin Trudeau s’était dit prêt à réexaminer le bilan de tous ses prédécesseurs, incluant celui de son père. « Et bien, le moment est venu », estime Pascal Bérubé.

Le Parti libéral n’a pas souhaité commenter le dossier, mercredi.