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Des experts pressent Québec de recommander le port du masque en classe

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Des experts pressent le gouvernement Legault de recommander le port du masque en classe, particulièrement en zone rouge, alors que les élèves et les membres du personnel scolaire représenteraient près du quart des nouveaux cas quotidiens de COVID-19. 

La pédiatre et épidémiologiste Caroline Quach estime qu’il est temps que Québec recommande le port du masque en classe, à défaut de vouloir l’imposer. 

«Ce serait une façon de limiter la transmission», affirme-t-elle, en rappelant que la situation avait grandement évolué depuis la rentrée. 

Lors du retour à l’école, il a été décidé que les inconvénients reliés au port du masque en classe étaient trop élevés alors qu’il n’y avait pas vraiment de transmission communautaire. 

«Là, ce n’est clairement plus le cas. Je pense qu’on pourrait recommander le port du masque toute la journée, particulièrement en zone rouge», précise-t-elle. 

Même son de cloche de la part de l’épidémiologiste Nimâ Machouf, qui pense que Québec devrait «au moins» franchir ce pas.  

Présentement, les élèves de 10 ans et plus doivent porter un masque à l’extérieur de la classe seulement.  

Des consignes claires devraient aussi être transmises au réseau de l’éducation afin d’assurer une meilleure ventilation dans les classes, ajoute la Dre Machouf.  

Le quart des cas dans les écoles   

Les cas de COVID-19 chez les élèves et les membres du personnel scolaire représenteraient par ailleurs près de 25% des nouveaux cas quotidiens. C’est du moins une «approximation légitime» que l’on peut faire à partir des données officielles, indique Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique.  

Mercredi, le Québec a enregistré 838 nouveaux cas. Or, les données publiées par le ministère de l’Éducation indiquent que 193 nouveaux cas avaient été recensés parmi les élèves (155) et les membres du personnel (38) au cours des 24 dernières heures. 

Ces chiffres montrent dans quelle proportion les élèves et les membres du personnel sont touchés, ce qui reflète ce qui se passe dans la population, précise M. De Serres. 

Il ne faut toutefois pas conclure que le quart des cas de COVID-19 proviennent du réseau scolaire puisque dans la majorité des cas, le virus a été contracté à l’extérieur de l’école, ajoute l’épidémiologiste. 

«L’école est plus la victime que la cause», affirme-t-il. 

«Potentiel de transmission»   

De son côté, le directeur national de santé publique reconnaît que l’école représente «un potentiel de transmission». «Mais la transmission était communautaire bien avant de rentrer au niveau scolaire», affirme-t-il. 

«Il peut y avoir de la transmission au niveau scolaire, mais elle n'est pas majeure encore, a-t-il ajouté. On surveille de très près la situation.»