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Gel des taxes foncières à Montréal en 2021

Elsa Iskander | Agence QMI

La Ville de Montréal va geler la taxe foncière générale relevant du conseil municipal pour l’année 2021, a annoncé la mairesse Valérie Plante.

«Il n’y aura pas de hausse de taxes pour le résidentiel et le non résidentiel pour l’année 2021», a dit Mme Plante, jeudi matin lors d'une mise à jour économique. Ce gel concerne les taxes de la Ville-centre, qui composent 80 % de la facture, mais pas celles des arrondissements.

Avec ce gel, la Ville se privera ainsi de 56 millions $ de revenus. Malgré cela, «on ne veut pas couper les services aux citoyens», a assuré la mairesse, ajoutant qu’il s’agit d’un « travail d’équilibriste». Pour ce faire, la Ville compte plutôt piger dans ses surplus, utiliser une contribution gouvernementale, faire des emprunts, a mentionné Mme Plante.

Plus de 100 millions $ de déficit

En date du 31 août dernier, un déficit entre 109 et 129 millions $ était anticipé pour la Ville.

Les mesures d’urgence reliées à la pandémie devraient coûter 85 millions $. À la mi-septembre, 70 millions $ avaient été dépensés, dont 26 millions $ pour aider les personnes itinérantes, 16 millions $ pour la sécurité des lieux de travail, 5 millions $ pour les voies actives sécuritaires.

Certains revenus sont moindres qu’anticipés: c’est de l’ordre de 73 millions $ pour les contraventions et d’environ 30 millions $ pour les parcomètres, entre autres.

Rappelons qu’au printemps dernier, la Ville situait les pertes de revenus potentielles reliées à la crise sanitaire entre 258 et 538 millions $. Cela comprenait des pertes estimées entre 104 et 294 millions $ pour la Ville seulement, et entre 154 et 244 millions $ de pertes reliées à la baisse d’achalandage du transport en commun.

La Ville-centre et les arrondissements ont effectué des compressions de 123 millions $ depuis. Sans ce plan de redressement, le déficit se situerait entre 233 et 253 millions $, a fait valoir Mme Plante.

Transport collectif 

La mairesse a salué l’aide aux municipalités de 2,3 milliards $, incluant 1,2 milliard $ pour le transport collectif, annoncé par le gouvernement du Québec vendredi dernier. Le montant pour Montréal n’a pas encore été communiqué.

Il y a des «baisses de revenus assez importantes à la STM (Société de transport de Montréal)», a dit Benoit Dorais, président du comité exécutif, qui ne les a pas quantifiées précisément. «Il va falloir attendre l’ensemble de l’année pour voir l’impact que ça va donner sur nos finances.»

«Pour le transport en commun, l’évaluation d’avril dernier, ça demeure», a cependant dit M. Dorais. On se souviendra que les scénarios, optimiste et pessimiste, du printemps dernier situaient les pertes reliées au transport en commun entre 154 et 244 millions $.

«Un non-sens» 

«Un gel de taxes lorsqu’on a un déficit c’est un non-sens», a martelé Lionel Perez, chef du parti d’opposition Ensemble Montréal, s’interrogeant sur la manière dont l'administration comblera le manque à gagner.

«Ils vont emprunter et c’est les contribuables montréalais qui vont payer la note à la fin de la journée», a-t-il déploré, rappelant que la Ville a déjà dépassé le plafond de la dette dans son dernier budget.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a salué le gel de taxes. La Fédération canadienne des contribuables aussi, ajoutant que cela ne doit pas servir de prétexte pour les arrondissements pour hausser les taxes de façon importante.