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Halloween incertaine: pas de frousse pour le marché de la citrouille

Gabrielle Morin-Lefebvre | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE

Même si les petits monstres risquent d’être absents ou beaucoup moins nombreux dans les rues cette année à l’Halloween, l’achat et la cueillette de citrouilles se portent quand même bien jusqu’à présent.

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Le propriétaire de la ferme Courges & cie, à Gatineau, remarque que la pandémie n’a pas freiné les ardeurs des Québécois qui sont venus en grand nombre cet automne dans ses champs pour de l’autocueillette de citrouilles. «Les gens sortent avec des brouettes pleines de citrouilles et pourtant on entend dire que l’Halloween va être reportée», observe Philippe Thompson.

Il faut dire que les activités extérieures ont eu la cote dans un contexte de distanciation sociale.

Dans la ville de Saint-Pascal, dans le Bas-Saint-Laurent, la ferme Alexandre Pelletier a dû annuler une journée d’autocueillette après une éclosion de COVID dans la région, mais tire un bilan de saison tout de même positif: les récoltes de la production maraîchère sont terminées et les livraisons déjà commencées.

Reste maintenant à voir si les ventes dans les commerces seront aussi bonnes que d’habitude.

«C’est sûr que si personne n’en achète, nous on va rester collés avec nos citrouilles», a souligné le producteur, qui dit quand même garder espoir.

Ventes encourageantes 

Selon l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL), les rendements du marché de la citrouille et de la courge sont bons jusqu’à présent

«Les acheteurs m’ont dit : on a commandé les mêmes volumes, on fait la même mise en marché, sinon plus puisque l’achat local est tellement populaire en ce moment», a indiqué la présidente-directrice générale Sophie Perreault, qui précise toutefois que les commandes s’ajusteront selon la demande.

Même si les balcons ne sont pas décorés en prévision du passage d’enfants, tailler des citrouilles en famille peut quand même être une activité d’automne agréable.

«Moi je suis père de famille, mes enfants sont plus vieux, mais on aurait décoré plus qu’à l’habitude pour justement s’assurer que nos enfants puissent avoir quand même avoir une Halloween [...]», a donné en exemple M. Thompson.

«Il y a 300 000 snowbirds qui ne sont pas partis en Floride, des grands-papas, des grands-mamans: tous ces gens-là ont du temps libre pour décorer», a poursuivi Mme Perreault.

Zone rouge 

Selon les nouvelles règles diffusées par le gouvernement du Québec, les activités extérieures, comme l'autocueillette, sont permises même en zone rouge, tant que les règles de distanciation sociale sont scrupuleusement respectées.

Le passage de certaines régions dans cette zone n’a pas d’impact sur la distribution de fruits et légumes, dont les citrouilles et les courges qui sont déjà récoltées.

«On est un service essentiel donc on a le droit d’aller transporter notre marchandise. La seule chose, c’est qu’un marché important pour nous, c’est les hôtels et les restaurants», a ajouté Mme Perreault.

Courges et citrouilles: la même famille, mais pas le même marché 

Bien qu’elles soient de la même famille, la courge et la citrouille ne sont pas vues de la même façon par les consommateurs québécois, selon des experts.

Alors que la citrouille est un item lié à la décoration, la courge est vue comme un légume à consommer l’automne, selon l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes.

«Même si les courges décoratives sont mises de l’avant, il reste que les gens font beaucoup de mijotés, des potages à la courge, des barres tendres à la courge, des biscuits avec de la courge, et des risottos», a expliqué la présidente-directrice générale de l’AQDFL, Sophie Perreault

Du côté de la citrouille, en plus de la décoration, c’est dans la transformation qu’elle trouve un marché important, notamment dans les mélanges de tartes et dans la sauce aux prunes.

«Arctic Garden et Bonduelle transforment beaucoup de citrouilles. La fameuse sauce aux prunes [V.H.] pour les egg rolls, le premier ingrédient c’est la citrouille», a mentionné Alexandre Pelletier, un producteur maraîcher établi dans le Bas-Saint-Laurent.

Si la courge se conserve déjà bien sur le comptoir, elle se garde même des semaines au fond d’un simple garde-robe.

«Avant les Québécois ne faisaient pas de barre tendre maison et de boules d’énergie, et là, on dirait qu’on intègre ces produits-là, a dit Mme Perreault. Si on veut plus d’autonomie alimentaire, il faut revenir à nos produits qui poussent ici et que nos grands-mères cuisinaient.»