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L’achat de Bombardier Transport pourrait affaiblir Alstom

Sylvain Larocque | Journal de Montréal

Les syndiqués d’Alstom en Europe craignent que l’acquisition de Bombardier Transport n’affaiblisse l’entreprise. Ils s’inquiètent également des visées de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui deviendra le plus important actionnaire d’Alstom.

« Alstom n’a pas les moyens financiers de couvrir ses actuels besoins opérationnels, l’acquisition et l’intégration de Bombardier Transport et la résolution des difficultés de Bombardier Transport », affirme le Forum européen Alstom dans un communiqué cité par le quotidien français L’Est républicain.

Le Forum regroupe les syndicats des dix pays européens où Alstom est présente.

« Il ne faut pas oublier qu’Alstom a effectué, ces deux dernières années, deux versements exceptionnels de dividendes. Cet argent qui a été distribué aurait été très utile pour une opération du type du rachat de Bombardier Transport », indique au Journal Vincent Jozwiak, délégué syndical central de Force ouvrière chez Alstom.

Les syndicalistes soutiennent que le financement de la transaction de 8,4 G$ US imposera à Alstom une « contrainte [...] potentiellement inassumable ».

Délocalisation

« Il n’y a pas de perspective, pas de stratégie industrielle, mais des sites et des milliers d’emplois menacés », prétend le Forum européen Alstom, qui redoute que la CDPQ pousse le constructeur à accélérer la délocalisation des activités d’ingénierie et de production dans les pays à coûts moins élevés.

Rappelons que la CDPQ a confié à Alstom le contrat des voitures du Réseau électrique métropolitain (REM), lesquelles sont assemblées en Inde.

« La stratégie d’Alstom repose sur un transfert et une délocalisation des activités, déplorent les syndicalistes. La cible pour 2025 est : 30 % d’ingénierie en Inde, 60 % d’achats et de fabrication dans les pays à bas coûts. Cette stratégie est très proche de celle de Bombardier Transport, qui nous semble être une des raisons majeures des difficultés de Bombardier. »

Les syndicats français d’Alstom sont particulièrement à vif depuis que l’entreprise a annoncé, en juillet, la mise en vente de son usine de Reichshoffen, en Alsace, afin de répondre aux préoccupations de la Commission européenne en matière de concurrence.