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Le milieu du cinéma demande des explications

Maxime Demers | Journal de Montréal

Photo d'archives, AFP

«Le cinéma ne doit pas servir de bouc émissaire» clame un regroupement de près de 300 représentants du milieu du cinéma québécois dans une lettre adressée jeudi au gouvernement de François Legault.  

Réagissant à l’annonce de la fermeture temporaire des cinémas dans les zones rouges comme Montréal et Québec, les signataires de cette missive (des exploitants de salles mais aussi des réalisateurs, scénaristes, acteurs et producteurs) demandent notamment au gouvernement de «rassurer la population sur la sécurité des salles de cinéma et sur le fait que leur fermeture n’a rien à voir avec un risque qu’elles représentent». 

«Étant donné que les salles de cinéma ne sont associées à aucune éclosion de COVID-19 depuis leur réouverture, pourquoi sévir contre des citoyens corporatifs exemplaires qui ne contribuent pas à la propagation du virus? Sans vouloir tomber dans la comparaison avec d’autres secteurs d’activités encore ouverts, nous croyons que ce n’est pas la fermeture des salles de cinéma qui aura un impact sur la propagation de la maladie. Pourquoi cibler cette activité qui fait du bien sans mettre à risque la population ni le système de santé?», peut-on lire dans la lettre.

Alors que la ministre de la culture et des communications Nathalie Roy s’apprête à annoncer les mesures d’aide pour les entreprises culturelles touchées par le reconfinement partiel, les signataires de la lettre demandent aussi au gouvernement Legault de tenir ses promesses en compensant «très rapidement» les propriétaires de salles et les distributeurs de films pour les pertes engendrées par cette décision : «Au cours des derniers mois, les salles de cinéma se sont débrouillées pratiquement sans aide du gouvernement et ont dû assumer des coûts énormes. Les quatre mois de fermeture et les deux mois d’activité réduite au minimum les ont grandement fragilisées. Plusieurs salles peinaient à survivre dans l’attente d’une reprise plus soutenue. Lorsque des salles devront fermer définitivement leurs portes, ce qui risque d’arriver à la suite de ces nouvelles mesures, ce sera une tragédie pour tout l’écosystème cinématographique québécois. La plus grande perdante sera la population, qui se verra privée de ces lieux de diffusion importants», déplorent les signataires. 

Parmi les personnalités qui ont signé la lettre, on retrouve notamment les cinéastes Denis Villeneuve, Ricardo Trogi et Jean-Marc Vallée, ainsi que les actrices Evelyne Brochu, Anne-Marie Cadieux et Isabel Richer.