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Mort de Joyce Echaquan: la préposée également congédiée

Patrick Bellerose | Journal de Québec

La préposée impliquée dans les incidents à caractère raciste précédant la mort de Joyce Echaquan à l’hôpital de Joliette a également perdu son emploi. 

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Sa fin d’emploi a été confirmée jeudi par le CISSS de Lanaudière, après la publication de l’information par notre Bureau parlementaire.  

Il s’agit de la seconde employée au chevet de Mme Echaquan lors de l’enregistrement d’une vidéo Facebook live où on peut entendre le personnel tenir des propos racistes à l’endroit de la femme atikamekw. L’infirmière qui l’accompagnait avait été démise de ses fonctions dès mardi.  

Contactée par le Journal, la préposée a refusé de commenter, en raison des enquêtes en cours. Elle a toutefois tenu à se dissocier des propos de sa collègue. «Je trouve abominables les propos de l’infirmière. Je ne peux rien dire de plus», a-t-elle déclaré.

 

Propos racistes

Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook lundi soir peu avant le décès de Joyce Echaquan on entend l’infirmière et la préposée échanger des propos racistes et d’une rare violence. Il n’est toutefois pas clair qui tient quels propos.  

«Esti d’épaisse de tabarnouche... C’est mieux mort ça. As-tu fini de niaiser... câlisse? T’es épaisse en câlisse», murmuraient les deux membres du personnel de l’hôpital de Joliette. 

«T’as fait des mauvais choix ma belle. Qu’est-ce qui penseraient, tes enfants, de te voir comme ça? Pense à eux autres un peu... C’est meilleur pour fourrer qu’autre chose, pis on paie pour ça. Qui tu penses qui paie pour ça?», entend-t-on également.   

Une ministre sur la sellette

À Québec, la ministre responsable des Affaires autochtones a été questionnée en chambre sur son bilan, au lendemain d’un appel à sa démission par le PLQ. «Je veux vous rassurer, j'en ai fait plus en deux ans que 15 ans de Parti libéral. Puis il faudrait qu'il prenne un petit cinq à sept avec son père pour vérifier ce que je dis», a répondu la ministre Sylvie D’Amours à une question de son vis-à-vis de l’opposition libérale et fils de son prédécesseur, le député libéral Greg Kelley. 

Le premier ministre, François Legault, s’est également porté à sa défense. Il a entre autres énuméré les actions prises par son gouvernement dans le dossier des Affaires autochtones depuis son entrée en octobre 2018. 

Le gouvernement a mis de côté 200 millions dans son dernier budget pour prendre des actions dans ce dossier, a-t-il rappelé. Mais certaines communautés autochtones refusent de rencontrer la ministre Sylvie d’Amours et aimeraient plutôt faire affaire directement avec lui. 

«Je pense, tout le monde va comprendre que je ne peux pas commencer à entreprendre des ententes moi-même avec 54 communautés, mais le 200 millions$, il est disponible pour ajouter des services», a-t-il expliqué par la suite. 

Minute de silence

Après la période de questions, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion du PLQ rappelant «que la mort tragique de Joyce Echaquan cette semaine est l'exemple concret que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir afin d'offrir aux peuples autochtones toute la dignité qui leur revient de droit». Son adoption a été suivie d’une minute de silence au Salon bleu.  

M. Legault s’est également entretenu au téléphone avec le conjoint de Joyce Echaquan, Carol Dubé, et le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa. Vendredi, il doit rencontrer le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, en compagnie du ministre de la Santé, Christian Dubé.  

– Avec la collaboration de l’Agence QMI