/regional/montreal/montreal

Quartier Namur-Hippodrome: le «risque d’écogentrification» inquiète

Elsa Iskander | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Si l’idée de l'installation d'un quartier vert sur l’ancien site de l’hippodrome de Montréal est bien vue par la majorité des participants à une consultation publique, ceux-ci jugent qu'il ne faudrait pas pour autant bannir complètement l’automobile, au risque de rendre le quartier inaccessible à une certaine partie de la population.

• À lire aussi: 20 institutions de Québec qui ont fermé dans la dernière décennie

• À lire aussi: Montréal: Trois défis pour la requalification du secteur Namur-Hippodrome

• À lire aussi: Ancien hippodrome: la mairesse Plante souhaite un quartier vert et innovant

«Afin d’atteindre les objectifs de la Ville, l’accès à l’automobile devrait être restreint, sans être exclu», peut-on lire dans le rapport de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), diffusé ce jeudi.

Des participants ont fait valoir qu’il faut tenir compte des familles et des personnes à mobilité réduite, notamment.

Logement

«Dans un quartier à risque d’écogentrification [...] comme Namur-Hippodrome, le défi de contrer la spéculation et de pérenniser l’abordabilité des logements pour permettre à des ménages plus vulnérables d’y accéder et de s’y maintenir préoccupe la commission», peut-on lire.

L’administration de la mairesse de Montréal Valérie Plante souhaite y voir pousser 6000 logements, dont 1200 logements sociaux. Des groupes communautaires réclament plutôt 2500 logements sociaux. Ces derniers «insistent sur le fait que les objectifs de création d’un quartier vert ne doivent pas être appliqués au détriment des autres enjeux, en particulier celui du logement», note le rapport.

Dominique Ollivier, présidente de l’OCPM, souligne l’importance d’avoir une mixité sociale. «En même temps, on ne doit pas recréer des ghettos, surtout avec un quartier aussi enclavé que celui-là. Ça devient important de trouver un juste équilibre.»

Transport

Plusieurs des 41 recommandations de l’OCPM portent sur la mobilité, comme miser sur les transports actifs et collectifs, ou encore avoir un moyen de transport en commun efficace reliant le quartier et la station de métro Namur.

La commission suggère aussi à la Ville d’actualiser «les éléments de son plan de transport ayant trait au lien entre le centre-ville et le secteur Côte-des-Neiges, notamment l’implantation d’une desserte de tramway jusqu’à la station de métro Namur».

«Une chose qui ressort de la consultation c’est le fait que le site Namur-Hippodrome ne peut pas être juste une petite enclave verte au milieu d’un quartier dit hostile», observe Mme Ollivier, évoquant des infrastructures lourdes de transport à proximité, ou encore un parc industriel et des milliers de logements en construction.

«Ce que les gens sont venus nous dire finalement, c’est qu’il fallait que les principes qu’on allait mettre de l’avant pour le développement du quartier puissent aussi percoler dans les zones limitrophes», a-t-elle ajouté.