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Qui sont les Proud Boys?

Anne-Sophie Poiré | Journal de Montréal

Des membres du groupe paramilitaire Proud Boys s’étaient réunis samedi à Portland en soutien au président Donald Trump.

Photo AFP

Des membres du groupe paramilitaire Proud Boys s’étaient réunis samedi à Portland en soutien au président Donald Trump.

Lorsque le nom des Proud Boys a surgi pendant le débat opposant Donald Trump et Joe Biden mardi, le groupuscule nationaliste d’extrême droite, exclusivement masculin, n’a pas attendu une minute avant de célébrer sa joie sur les réseaux sociaux.

Appelé par le journaliste de Fox News et modérateur du débat Chris Wallace à condamner les suprémacistes blancs, Donald Trump a hésité avant de répondre : « OK Proud Boys, reculez et tenez-vous prêts ».

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Le groupe a aussitôt adopté le slogan, publiant sur les réseaux sociaux un logo avec la mention « en retrait, en attente ».

Prêts à se battre

L’organisation a été créée à New York en 2016 par le cofondateur du magazine Vice, Gavin McInnes, qui s’est détaché du mouvement depuis. 

Les Proud Boys se décrivent comme des « chauvinistes occidentaux » qui « refusent de s’excuser d’avoir créé le monde moderne ».

Parmi les valeurs défendues par le groupe : la fermeture des frontières, le droit aux armes à feu et la vénération de la femme au foyer. 

Ils sont devenus incontournables lors des manifestations politiques et antiracistes à travers les États-Unis. Ils s’y présentent avec des bâtons ou des armes à feu, prêts à se battre contre leurs « ennemis d’extrême gauche », disent-ils. 

La déclaration de Donald Trump lors du débat a visiblement ravi les membres de l’organisation. « Ce que le président a dit, c’est qu’on pouvait s’en prendre aux ennemis du groupe », a écrit sur Twitter Joe Biggs, un des leaders des Proud Boys.

Rétractation douteuse

Hier, en revenant sur ses propos ambigus de la veille, le président américain a appelé les milices d’extrême droite à « laisser la police faire son travail », en ajoutant qu’il « ne savait pas qui étaient les Proud Boys ». 

Rafael Jacob, spécialiste de la politique américaine et chercheur associé à la chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, doute cependant de la crédibilité de cette rétractation. 

« En 2016, on avait eu droit au même genre de controverse presque calquée sur ce qui s’est produit cette semaine », raconte l’expert. 

Sur le plateau de CNN, un journaliste lui avait demandé de désavouer le Ku Klux Klan et son ancien chef, David Duke. 

« Il avait alors esquivé la question, poursuit M. Jacob. Le lendemain, Trump avait prétendu un problème d’oreillette et ne pas avoir bien entendu. »