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Revoir son budget lors du retour au travail après la PCU

Emmanuelle Corriveau | Le Journal de Montréal

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Illustration Adobe Stock

En mars dernier, André, 39 ans, technicien mécanique dans une usine, a été mis à pied. Après avoir touché la Prestation canadienne d’urgence (PCU) pendant six mois, il est maintenant de retour au travail. Mais son budget lui semble fragile et il s’inquiète aussi de la fin des reports de paiement.

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André a peur de ce qui l’attend, car au mois d’octobre, les reports de paiement accordés par son institution financière arrivent à leur terme. Pendant six mois, il a ainsi bénéficié d’un sursis sur son prêt hypothécaire et son prêt automobile, et de trois mois pour ses cartes de crédit et un prêt personnel. Cela représente la somme rondelette de 11 700 $ qu’il n’a pas eu à verser.

Parallèlement, pendant qu’il touchait la PCU, ses revenus nets ont chuté de près de moitié par rapport à son salaire habituel de 55 000 $. Que peut-il faire pour remettre ses finances à flot ? Il a contacté la firme de syndic autorisé en insolvabilité Jean Fortin et Associés pour connaître ses options.

Enrichissement ou appauvrissement?

André fait face à une situation paradoxale : même si ses revenus nets ont fortement diminué, il se retrouve tout de même avec 3900 $ de plus dans son compte en banque que s’il avait continué à travailler. 

« Cela s’explique par les reports de paiement. À cela s’ajoute la réduction des dépenses pendant le confinement au niveau du transport, des sorties, etc. », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité et président de Jean Fortin et Associés.

André s’est-il enrichi ? Pas vraiment. Car en avril prochain, il devra payer 3400 $ en impôt pour la PCU perçue. De plus, les intérêts sur ses prêts se sont accumulés, même si les versements ont été décalés de quelques mois. 

« Donc, une fois que l’on tient compte de la baisse de revenus et de l’ajout des frais d’intérêt, la pandémie aura creusé un trou de 4000 $ dans les finances d’André », évalue Pierre Fortin.

Refaire son budget

Pour s’assurer qu’il sera en mesure de remplir toutes ses obligations dès la fin septembre, mais aussi de payer ses impôts en avril, la première chose à faire est d’établir un budget. 

« La reprise des paiements est un peu comme un retour à l’école. Il faut établir une nouvelle discipline et réduire les dépenses personnelles afin de laisser de la place à l’hypothèque et aux dettes. Heureusement, la plupart des institutions financières ont confirmé que les paiements hypothécaires seront du même montant qu’avant la pandémie, même si le solde a augmenté à cause des intérêts accumulés pendant les reports », indique Pierre Fortin.

Grâce à quelques ajustements, le budget d’André permet de faire face à ces dépenses. En ce qui concerne les 3400 $ d’impôt, le syndic lui a recommandé de mettre de côté dès maintenant la somme de 350 $ par mois. Au mois d’avril, il aura réuni presque toute la somme et il aura liquidé cette dette dès juillet.

« Nous avons aussi établi avec lui un plan de remboursement en accéléré de sa carte de crédit qui, avec près 20 % d’intérêt, lui coûte mensuellement 80 $. En effectuant des versements mensuels de 250 $, et à condition qu’il ne l’utilise plus, André aura tout payé en 24 mois et économisé 1200 $ en intérêt », mentionne Pierre Fortin. 

Conseils

  • Si vous êtes retourné au travail après quelques mois passés sur la PCU ou que vous allez être réembauché sous peu, faites votre budget afin d’évaluer votre situation financière. Vous serez peut-être surpris de constater qu’elle n’est pas aussi mauvaise que vous le pensiez. 
  • La réduction des dépenses pendant le confinement ou le report des paiements vous ont permis de faire quelques économies ? Mettez cet argent de côté, car vous en aurez probablement besoin sous peu. Sinon, déposez-le dans un compte distinct pour commencer à vous constituer un coussin de sécurité.  
  • Si vous avez plusieurs dettes à payer et ne savez pas par laquelle commencer, éliminez toujours en premier celle qui vous coûte le plus cher en intérêts. Par exemple, un solde de 5000 $ sur une carte de crédit à 20 % d’intérêt vous coûte en moyenne 80 $ par mois, comparativement à 35 $ pour une dette équivalente sur une marge de crédit à 8 %. Faites vos calculs !