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«Pourquoi on peut aller chez Ikea, mais pas dans un théâtre où je m’assoie avec un masque?»

TVA Nouvelles

L’annonce d’une aide financière pour l’industrie culturelle pour la soutenir en cette crise sanitaire est loin de réjouir les producteurs de théâtre, dont Ginette Noiseux de l’Espace Go, qui n’a aucune idée de comment elles se traduiront concrètement. 

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Selon elle, les mesures annoncées s’adressent spécifiquement aux grands diffuseurs pluridisciplinaires, mais pas aux producteurs de théâtres. 

«[L’annonce] ignore complètement la réalité des théâtres qui sont des producteurs. Moi, en octobre l’année dernière, ça se peut que j’étais en montage, en création, parce que c’est en théâtre que l’on produit des spectacles, et après ça, ils partent en tournée», explique-t-elle en entrevue à 100% Nouvelles.

Mme Noiseux dénonce aussi la complexité de l’annonce gouvernementale, qu’elle juge complètement incompréhensible. 

« C’est d’une confusion comptable! Je connais mes chiffres je suis bonne en mathématiques, et je n’ai rien compris! Alors c’est 50 millions $, sur quatre mois? Sur cinq mois? Sur 6 mois?», questionne-t-elle. 

Pire encore, elle considère qu’il n’y a aucun argent neuf annoncé vendredi après-midi par la ministre de la Culture, Nathalie Roy. 

«Ce 400 M$, il était dans le budget précovid!», soutient-elle.  

Elle craint que les petits théâtres de création, comme ceux qui ont créé les pièces de Michel Tremblay, risquent de disparaître. Déjà avant la pandémie, ils étaient déjà administrés avec une grande diligence pour arriver à survivre. 

Incompréhension   

Par ailleurs, Ginette Noiseux juge que les responsables de théâtres ont été très stricts avec toutes les mesures sanitaires. 

«On a été plus catholique que le pape pour assurer la sécurité de toutes les personnes qui franchissent nos théâtres, de tous les artistes qui travaillent sur scène à 2 mètres de distance. On nettoie tous les espaces avant, après, tout est désinfecté. Il y a une grande incompréhension. Pourquoi on peut aller chez Ikea, au gym, mais pas dans un théâtre où je m’assoie avec un masque, où je ne suis pas en train de socialiser? Pourquoi je ne peux pas aller au cinéma? C’est irrationnel!», plaide-t-elle. 

Elle croit qu’il en va de la santé psychologique des citoyens. 

«Il y a une vraie colère, mais un espoir que les arts et la culture soient considérés comme dans certains pays comme en Espagne, comme un service essentiel», conclut-elle. 

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