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Ex-maire de Terrebonne: sur le bras dans une pourvoirie

Jean-François Cloutier | Journal de Montréal

Jean-Marc Robitaille à la pêche

Photo courtoisie

L’ancien maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, est allé au moins trois fois et son ex-chef de cabinet une fois dans une pourvoirie haut de gamme aux frais d’entrepreneurs.

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D’après le témoignage de l’ex-ingénieur Laurent Gravel, qui a témoigné vendredi au procès de l’ex-maire, ce dernier se serait rendu trois fois à la pourvoirie de la rivière Delay, dans le Grand Nord québécois.

Daniel Bélec, l’ancien chef de cabinet du maire, y serait allé, pour sa part, une année, selon Gravel.

Cette information a été mise à jour dans le cadre du procès pour corruption et abus de confiance de l’ex-maire Robitaille, de son ex-chef de cabinet, Daniel Bélec, de l’ex-directeur général de Terrebonne, Luc Papillon, et de l’entrepreneur Normand Trudel, qui se déroule au Palais de justice de Saint-Jérôme.

La pourvoirie de la rivière Delay est située à 1200 kilomètres au nord de Montréal. Il faut prendre deux avions pour s’y rendre, dont un à partir du réservoir de Caniapiscau, a expliqué vendredi le propriétaire des lieux, Roger Lachapelle.

On peut y faire à la fois de la pêche au saumon et de la chasse au caribou si on opte pour le « forfait double », a-t-il expliqué.

Pris en charge

Les invités à cette pourvoirie sont totalement pris en charge et sont « nourris, guidés et conduits », a expliqué un autre témoin, l’ancien gérant Rémi Harvey. C’est une cuisinière professionnelle qui prépare les repas.

En 2003, la firme d’André de Maisonneuve, BPR-Triax, qui bénéficiait d’un quasi-monopole pour ses services dans un secteur de Terrebonne, a payé un voyage de plus de 20 000 $ où se trouvaient des entrepreneurs, des fonctionnaires et le maire Robitaille, a-t-il été expliqué.

Joseph Giguère, de la firme Doncar Construction, a aussi payé des voyages dans les années 2000, selon la même formule. Selon Rémi Harvey, il fallait prévoir dans les années 2000 entre 1300 $ et 1500 $ par personne pour un voyage de six jours à la pourvoirie.

« Bélec spéciale »

Laurent Gravel a dit se remémorer que Daniel Bélec était présent en 2003 pour une bonne raison de pêche.

« Cette année-là, M. Bélec avait un beau taux de réussite de capture de saumons. Donc on s’est intéressé à sa mouche qui était de couleur blanc foncé et de gris. [...] Il attrapait de beaux saumons, [ça] fait qu’on a commencé à appeler ça la Bélec spéciale », s’est-il souvenu.

En octobre 2016, Bélec avait d’abord assuré qu’il n’était « jamais allé en voyage » sur le bras d’entrepreneurs. « Je suis déjà allé à la pêche, oui », avait-il ensuite reconnu.