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Masque obligatoire en classe: ce que disent les chiffres

TVA Nouvelles

Cibler les jeunes à l’école avec le port obligatoire du masque en classe devrait être une mesure sanitaire mise en place pour endiguer la propagation de la COVID-19 au Québec, croit une épidémiologiste.

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C’est déjà ce qui se fait en Ontario. Ici, où on ne force pas encore les jeunes à se couvrir le visage dans les écoles, les experts s’entendent pour dire que les élèves du secondaire sont de grands vecteurs de transmission, quoique les individus de cette tranche d’âge ne souffrent pas particulièrement des conséquences d’une infection.

«Il faudrait que ce soit obligatoire, pense Dre Nimâ Machouf, de la Clinique médicale urbaine du Quartier latin à Montréal. Dans les écoles secondaires, les jeunes attrapent la maladie et la transmettent autant que n’importe quel autre adulte. Ils sont en classe ensemble dans le même espace clos pendant plusieurs heures. La densité des élèves n’a pas changé.»

«C’est un peu différent au primaire, nuance-t-elle. Les jeunes vont attraper la maladie, mais ne sont pas des grands transmetteurs. Le problème est un peu différent, mais même à cela... À moins qu’un jeune ne soit pas capable de porter le masque, même à l’école primaire, le port du masque est une mesure qui va briser la chaîne de transmission.»

Et les 20 à 29 ans, eux?  

Les chiffres tendent cependant à minimiser l’impact qu’aurait le port obligatoire du masque en classe. Selon les données de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), les 10 à 19 ans ne comptaient que pour 7,3 % des cas confirmés de contamination au nouveau coronavirus, au 2 octobre 2020. Statistiquement, il s’agit de la septième tranche d’âge la plus touchée par la COVID-19 – proportionnellement, cette catégorie de population vient également au septième rang des représentations démographiques du Québec en date de 2019.

Au même chapitre, les 20 à 29 sont proportionnellement plus affectés par l’épidémie qu’ils ne prennent de place au Québec. Les gens dans la vingtaine sont les plus contaminés (16,1 %), mais ne représentent que 12,5 % de la population, soit la sixième catégorie démographique la plus importante seulement dans la province.

«Il faut faire de l’éducation, à l’école, à l’extérieur, à l’école, par les parents», a pourtant dit Dre Nimâ Machouf en entrevue sur les ondes de LCN, samedi.

«Il va falloir être très sévère avec les jeunes. C’est là où il faut intervenir. Tant que la maladie n’est pas sous contrôle, on ne peut pas continuer à vivre collectivement de façon normale. Si les jeunes sont responsables de cette pression appliquée sur la société, ce sont les jeunes qu’il va falloir [cibler]», dit-elle.