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Des enfants ont l’impression d’être punis

Anne-Sophie Poiré et Clara Loiseau et Dominique Lelièvre | Journal de Montréal et Journal de Québec

Photo Didier Debusschere

Les parents de jeunes sportifs déplorent que leurs enfants risquent d’écoper en ne pratiquant plus leurs activités pour le prochain mois, ce qui nuirait à leur santé physique et mentale. 

« Mes enfants ont l’impression d’être punis, ils se sentent ciblés et ne comprennent pas pourquoi ce sont eux qui doivent arrêter de jouer alors qu’ils respectent toutes les mesures sanitaires », déplore Joseph Paglia, père de Luca, 11 ans, et Alessandra, 9 ans, qui jouent au hockey et au soccer plusieurs fois par semaine. 

Mélissa Roy et Yvan Blanchette, de Québec, regardent le match de hockey de leur enfant depuis le stationnement.

Photo Didier Debusschere

Mélissa Roy et Yvan Blanchette, de Québec, regardent le match de hockey de leur enfant depuis le stationnement.

Pour le résident de Rivière-des-Prairies, à Montréal, la décision du gouvernement Legault de suspendre les matchs de sports collectifs est « très décevante ». 

Vendredi, Le Journal rapportait que les rencontres sportives entre équipes devraient être interdites pour au moins un mois en zone rouge, à partir d’aujourd’hui. 

Québec tente ainsi de freiner la deuxième vague de COVID-19. Pour la troisième journée consécutive, hier, la province franchissait la barre des 1000 nouveaux cas quotidiens de COVID-19. Douze décès liés au virus sont venus s’ajouter au bilan et 64 personnes sont aux soins intensifs.

Reste donc à savoir si les jeunes athlètes pourront poursuivre les entraînements en respectant la notion des « bulles » déjà établie.

Dans les arénas de Québec, hier, des parents et des jeunes joueurs de hockey se disaient déjà au revoir pour quelque temps, même si leur saison ne fait que commencer.

« On en parlait dans la chambre que peut-être tout allait fermer. Ce qui nous faisait le plus peur, c’est que notre sport-étude puisse fermer », dit Loïc, 12 ans, à la sortie du Centre sportif Marc-Simoneau, à Beauport.

Santé physique et mentale  

Et les parents attendent aussi avec impatience l’annonce du gouvernement sur la situation dans le sport et les écoles.  

Ridha Mezdari espère que sa fille Ariam, 5 ans, pourra continuer ses pratiques de hockey.

Photo Ben Pelosse

Ridha Mezdari espère que sa fille Ariam, 5 ans, pourra continuer ses pratiques de hockey.

« On a hâte de voir si elles vont pouvoir continuer à jouer ou si elles vont devoir arrêter. Il y aura peut-être encore des pratiques », espère Ridha Mezdari, dont les deux filles de 5 et 11 ans font partie de l’équipe prénovice et atome des Canadiennes de Montréal.  

Comme lui, plusieurs parents craignent justement que l’arrêt complet des sports d’équipe ait des conséquences sur la santé des enfants. 

« [Les enfants] ont déjà passé un printemps très difficile en n’allant plus à l’école et en ne faisant pas de sport, là, si on leur retire encore ça tout l’hiver, ça va être très difficile pour eux. C’est sûr qu’on s’inquiète pour leur santé mentale, mais aussi physique parce qu’ils n’auront plus rien à faire », fait valoir M. Paglia.

Manque d’information  

Selon lui, le gouvernement ne donne pour le moment aucune information permettant de justifier l’arrêt des sports d’équipe pour les enfants. 

Sophie Rousseau, mère d’un garçon de 12 ans jouant au hockey dans le programme de sport-étude de l’Académie Saint-Louis, a du mal à comprendre « que l’on peut aller magasiner du linge, mais qu’on ne peut pas laisser nos jeunes jouer au hockey ».

« Les petits gars, ici, ils prennent leur masque jusqu’au banc et le reprennent quand ils retournent jusqu’à ce qu’ils partent l’eau dans la douche. Je veux dire, ils respectent toutes les consignes sanitaires » a-t-elle ajouté, estimant que l’encadrement actuel du sport est sécuritaire.