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Des victimes ne peuvent remplir de trousse médico-légale

Des victimes d’agression sexuelle n’ont pas été en mesure de compléter une trousse médico-légale à l’hôpital Fleurimont du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

«Comment veux-tu dénoncer si tu n'es même pas capable d'obtenir la preuve principale», lance l’amie d’une victime. 

Le 18 septembre dernier, leur amie s'est fait agresser sexuellement lors d'une soirée dans une résidence privée.

Deux jours plus tard, elles l'ont accompagnée au CHUS Fleurimont pour qu'elle puisse passer une trousse médico-légale, un examen avec prélèvement qui peut permettre l'identification d'un agresseur et servir de preuve.

«À 3h30, notre amie vient nous voir et nous dit: "Je n'ai pas fait ma trousse, il n’y a pas d'infirmière pour ma trousse". Elle nous explique que l'infirmier en service lui a donné la pilule du lendemain et des pilules pour le stress», ajoute son amie. 

L'infirmier lui aurait alors suggéré de revenir le lendemain, mais d'appeler avant pour être certaine qu'une infirmière puisse la recevoir. Ce qu'elle a fait, mais en vain.

«C'est quand elle est arrivée dans le stationnement que l'infirmière l'appelle pour lui dire qu'elle ne pourra pas faire sa trousse médico-légale parce que son étage était débordé», explique son amie. 

Le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l'Estrie confirme que ce type de situation serait survenu à quelques reprises depuis six mois. On dit avoir référé les présumées victimes à un autre endroit pour qu'elle puisse obtenir leur trousse médico-légale.

«On le dit, c'est une situation d'urgence, elle a été victime d'un crime donc on doit répondre à sa demande immédiatement», affirme Maggie Fredette, coordonnatrice au CALACS de l’Estrie. 

L'équipe dédiée aux trousses médico-légales du CIUSSS est composée de 10 infirmières. Au cours du dernier mois, il n'en restait que deux selon le CALACS.

Il faut savoir que cette trousse doit être effectuée moins de 5 jours après l'agression.

«La victime a toujours 14 jours pour décider si elle porte plainte ou non avec la trousse médico-légale», de dire Mme Fredette. 

Le CIUSSS prend la situation très au sérieux. «L'ensemble des travaux ou des mesures pour améliorer la situation suite à l'analyse qu'on va en faire va se mettre en place», assure Chantal Gariépy, directrice du programme jeunesse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

La victime, quant à elle, tente de s'en sortir comme elle peut.

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