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La création : la grande oubliée

Gabriel Beauchemin | Agence QMI

Dominick Gravel/Agence QMI

Selon le codirecteur du Festival TransAmériques (FTA), les mesures de soutien à la culture annoncées par le gouvernement québécois vendredi dernier devraient aussi inclure une aide dirigée vers les programmes de recherche et de création.

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«Pour moi, c’est le moteur, c’est là-dedans que réside l’avenir, et je ne comprends pas qu’on ne comprenne pas l’avenir», a résumé Martin Faucher, codirecteur général et directeur artistique du FTA, à propos de l’importance qu’il accorde à la création et aux programmes qui visent à la soutenir.

Pour épauler le milieu des arts qui s’est de nouveau retrouvé fortement ébranlé depuis le passage de Montréal en zone rouge, le gouvernement du Québec a annoncé vendredi une aide financière visant à rembourser 75 % des pertes de revenus de billetterie engendrées par le contexte sanitaire, et ce, pour une période de six mois.

Il s’agit là d’une aide bienvenue, mais insuffisante selon le directeur artistique du Festival TransAmériques (FTA).

«Il faut bien comprendre que cette mesure-là, pour moi, ce n’est pas un plan, c’est une mesure, a indiqué Martin Faucher. Donc, ce sont les gens qui programment des spectacles en salle qui ont une espèce d’assurance comme quoi leurs revenus seront garantis à 75 %. Je pense que c’est une bonne mesure pour tous les diffuseurs qui veulent maintenir un lien avec le public. À ce niveau-là, c’est réussi.»

«Là où je suis excessivement déçu, c’est que justement, comme la rencontre avec le public se fera très peu, ou pas, on ne s’est pas penché sur la réalité des artistes qui travaillent plus dans l’ombre, ou qui n’avaient pas prévu être sur scène cette saison-ci, et qui ont envie de développer des projets d’expérimentation, de recherche et d’exploration», a poursuivi celui qui avait invité le milieu des arts vivants à se rassembler à la place des Festivals à Montréal et devant le parlement à Québec le 15 juin dernier pour donner de la visibilité aux artistes travaillant dans l’ombre et trop souvent oubliés.

«Parce que si on travaille maintenant à créer des œuvres, quand on va être de retour pleinement sur scène en 2022, 2023, 2024, les œuvres qui sont en train de s’élaborer maintenant, c’est là qu’elles seront sur scène, dans deux ou trois ans, a ajouté Martin Faucher. Si on veut s’assurer d’une relance, c’est maintenant qu’on y travaille, pas dans deux ans.»

L’annonce de vendredi dernier fait suite à un premier plan d’aide destiné à la culture dévoilé cet été au mois de juin.

Respirations

Suite à l’annulation de l’édition 2020 du FTA, le codirecteur général souhaitait tout de même encourager à sa manière le milieu des arts vivants. L’organisation dévoilait ainsi la semaine dernière un tout nouveau programme, intitulé «Respirations du FTA», visant à soutenir les artistes, artisans et travailleurs culturels.

«On voulait encourager des démarches artistiques auxquelles on croit, mais sans avoir d’obligation, de part et d’autre, sur la diffusion ultérieure de ces projets-là», a expliqué le codirecteur général.

Le programme, initié par Martin Faucher et Jessie Mills, prévoit actuellement une aide de 244 000 $ répartis dans 28 projets.

«C’est offrir un temps de réflexion, un temps de gestation, un temps de rêverie où il n’y a pas nécessairement une diffusion au festival qui est impliquée, a détaillé le directeur artistique. On continue à travailler avec les gens, à suivre les étapes de travail et s’il y a un spectacle au bout qui nous convient, tant mieux, sinon, ce n’est pas plus grave que ça, et l’artiste aura pu continuer sa démarche artistique.»