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Un demi-million d’exclus d’Alerte COVID

Jules Richer | Bureau d'enquête

Lundi, Québec a annoncé qu’il allait de l’avant avec l’application fédérale Alerte COVID, qui envoie un message d’avertissement lorsqu’on a été en contact avec une personne infectée par le virus.

Photo courtoisie, Ryan Remiorz

Lundi, Québec a annoncé qu’il allait de l’avant avec l’application fédérale Alerte COVID, qui envoie un message d’avertissement lorsqu’on a été en contact avec une personne infectée par le virus.

Un peu plus d’un demi-million de personnes au Québec ne pourront pas télécharger l’application Alerte COVID du gouvernement fédéral parce que leurs téléphones cellulaires sont trop anciens.

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Les téléphones âgés de plus de cinq ans ou dont le système d’exploitation est trop vieux ne sont pas compatibles avec la technologie employée par l’application fédérale pour signaler la proximité d’une personne atteinte de la COVID-19. 

Une proportion de 8% des 32 millions de cellulaires existants au pays entre dans ces catégories, selon les données de Santé Canada, dévoilées hier. 

Si on fait le calcul pour le Québec, on arrive à un chiffre d’environ 550 000 personnes possédant un portable, iPhone ou Android, non compatible.

Le premier ministre François Legault a annoncé lundi, après avoir beaucoup tergiversé, que le Québec utiliserait dorénavant l’application fédérale.

« Pour que ça soit efficace, il faut que le plus de monde y adhère », a demandé M. Legault.

Réponse tiède 

Les Québécois vont-ils répondre à l’appel de M. Legault ? Si on se fie au succès limité de l’application ailleurs au Canada, la réponse pourrait être tiède.

Jusqu’à maintenant, environ 3,5 millions d’utilisateurs de cellulaires au pays ont téléchargé Alerte COVID depuis son lancement il y a deux mois, et seulement 856 infections ont été signalées pendant cette période, a-t-on indiqué hier.

D’après nos estimations, ce nombre de téléchargements correspond à peine à 22 % des utilisateurs de téléphones cellulaires dans les cinq provinces où l’application était déjà disponible, soit la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick ainsi que Terre-Neuve-et-Labrador.

Autre constat déroutant, les personnes atteintes de la COVID-19 ne semblent pratiquement pas signaler leur état de santé au moyen de l’application. 

Selon des chiffres obtenus hier par le réseau Global News, seulement 4 % des personnes qui ont obtenu un test positif au coronavirus en Ontario l’ont fait savoir – de façon anonyme – par l’application.

Ce taux très bas de participation diminue de beaucoup l’efficacité du logiciel. 

Tournoi de curling stoppé 

En effet, le fonctionnement de l’application repose entièrement sur la participation volontaire des personnes infectées, qui se signalent elles-mêmes grâce à un code (une « clé à usage unique ») obtenu auprès de la Santé publique.

L’application a commencé néanmoins à démontrer son utilité. Dimanche dernier, un tournoi de curling à Waterloo en Ontario a été arrêté, parce que la proximité d’une personne infectée avait été rapportée par Alerte COVID, comme l’indiquait la CBC.

Précisons que pour fonctionner, l’application doit être installée sur un iPhone disposant d’un système d’exploitation iOS 13.5 ou iOS 14 ou, sur un téléphone Android, avec un système 5.0 (Lollipop) et antérieur.