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Ian Lafrenière nommé ministre des Affaires autochtones

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Sous pression depuis le décès tragique de Joyce Echaquan, François Legault procédera aujourd’hui à un mini-remaniement de ses troupes. Sylvie D’Amours sera dégommée de son poste de ministre des Affaires autochtones au profit de l’ex-policier Ian Lafrenière, a appris Le Journal

Selon nos informations, le sort de Sylvie D’Amours est déjà scellé depuis quelques jours. Le premier ministre a d’ailleurs laissé peu de doute jeudi sur ses intentions. Talonné par les journalistes, François Legault a tout simplement refusé de réitérer sa confiance envers sa ministre.        

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Avec ce changement de garde, le premier ministre souhaite donner un nouvel élan aux relations avec les Autochtones, passablement tendues depuis le décès tragique de la mère de sept enfants à l’hôpital de Joliette dans des circonstances troublantes. 

Comme il l’a fait en santé, le premier ministre donne un grand coup de balai. En plus d’éjecter Sylvie D’Amours de son cabinet, François Legault montre la porte à la sous-ministre aux Affaires autochtones, Marie-José Thomas, selon nos sources. 

Le premier ministre a reconnu jeudi qu’il n’était pas satisfait du travail accompli. « Ça ne va pas assez vite, je vais m’impliquer personnellement », a-t-il insisté.   

Les attentes sont grandes envers le député Ian Lafrenière, qui accède au Conseil des ministres pour un mandat délicat. Son nom circulait depuis un bon moment dans les officines caquistes pour succéder à Sylvie D’Amours.  

La députée de Mirabel n’a jamais réussi à tisser un lien de confiance avec les différentes communautés autochtones. En coulisses, plusieurs lui reprochaient d’être tout simplement ignorante de la réalité des Premières Nations et de ne pas parler anglais. Et les problèmes ne datent pas d’hier. Au printemps dernier, Mme D’Amours avait été vivement critiquée pour son absence dans le dossier des blocus ferroviaires.     

Changement exigé   

Depuis plusieurs jours déjà, l’opposition officielle exigeait la démission de la ministre D’Amours en raison de son inaction, une année après le dépôt du rapport de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec.   

L’an dernier à pareille date, le commissaire Jacques Viens dévoilait un volumineux rapport qui concluait que les Autochtones du Québec sont victimes de discrimination systémique. 

Un an plus tard, peu a été fait. Le décès de Joyce Echaquan au centre hospitalier de Joliette, sous les insultes racistes d’une infirmière, a ravivé cette douleur. 

François Legault, qui refuse jusqu’ici de reconnaître l’existence de racisme systémique au Québec, a admis hier que le dossier est délicat. « Il y a des Nations qui demandent beaucoup d’argent, et puis, évidemment, on a une capacité limitée de payer. On a mis 200 millions de côté dans le dernier budget. Ce n’est pas simple avec les onze Nations ».   

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