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Plusieurs projets pour Marcio et Janie

Patrick Delisle-Crevier | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE, Groupe TVA

Depuis leur victoire il y a près d’un an, les gagnants de la deuxième édition de «Révolution» ont dû mettre plusieurs de leurs projets sur la glace. Le duo, qui reprend graduellement ses activités, nous donne de ses nouvelles.

Marcio et Janie, vous n’avez pas chômé depuis que vous avez gagné «Révolution». Parlez-moi de vos projets respectifs.

MARCIO: Au début de la pandémie, c’était difficile. On n’a pas travaillé pendant plus de deux mois, mais, peu à peu, on a commencé à offrir des cours sur internet. On voulait bouger et rester actifs, alors on a eu l’idée d’enseigner le ballet en ligne.

JANIE: Ensuite, des écoles nous ont contactés durant l’été et on a pu enseigner sur le terrain. C’est une expérience fantastique et enrichissante. Cette période nous fait réaliser à quel point tout est fragile et que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Nous apprécions encore plus la chance que nous avons de pouvoir danser.

Avec le recul, de quoi êtes-vous le plus fiers?

J.: Sincèrement, c’est d’avoir pu passer à travers l’aventure «Révolution» ainsi qu’avoir fait connaître la danse classique et contemporaine. Les gens m’arrêtent sur la rue pour me dire qu’ils ne connaissaient pas ce style et qu’ils ont maintenant envie de danser. Pour moi, notre plus grande réussite est d’avoir donné le goût au public de danser et de bouger.

M.: Je suis aussi fier d’avoir pu mettre la danse en valeur et de l’avoir rendue accessible à tout le monde.

Comment avez-vous vécu cette pause forcée de quelques mois?

J.: Je suis une fille de défis et je ne voulais pas rester là à ne rien faire. J’ai donc commencé à m’entraîner avec une coach de «fitness». Ç’a été un beau défi et ça m’a permis de me garder en forme. Ensuite, l’après-midi, je devenais professeure de première année pour ma fille.

M.: De mon côté, j’ai fait du jogging pour garder la forme. J’en ai aussi profité pour prendre de l’avance dans mes travaux, puisque je suis un cours en scénographie à l’université.

En quoi votre vie a-t-elle changé depuis «Révolution»?

J.: Nous étions déjà établis dans le milieu de la danse avant d’y participer, mais «Révolution» nous a permis de nous faire connaître par d’autres milieux artistiques. En ce moment, nous participons à un projet en collaboration avec le TNM, ce qui nous permet de travailler avec des acteurs et de découvrir d’autres types de projets.

M.: Cette expérience n’a eu que des effets positifs sur nos vies. Je suis vraiment heureux de l’avoir fait. Mais tout a été tellement vite qu’il a ensuite fallu prendre du temps pour nous reconnecter avec nous-mêmes. La tournée avec les autres danseurs a aussi été fantastique, et j’ai bien hâte de reprendre celle-ci à l’hiver 2021.

Quel est le moment le plus marquant de votre carrière jusqu’à maintenant?

J.: Je pense que «Révolution» a été particulièrement marquant pour moi, autant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. C’est un beau cadeau que je me suis fait à moi-même. Je dirais même que ç’a été une belle thérapie qui m’a permis de me retrouver en tant qu’être humain.

M.: C’est certain que «Révolution» a été un moment marquant, mais le moment le plus important pour moi est celui où j’ai eu l’opportunité de partir du Brésil pour venir travailler ici, au Québec, avec la compagnie La La La Human Steps. Ça a complètement changé ma vie; je suis heureux ici, je me sens chez moi. Ça fait 10 ans déjà que j’habite dans la belle ville de Montréal.

Si vous ne dansiez pas dans la vie, que feriez-vous?

J.: Les gens ne le savent pas, mais je suis aussi agente de voyages. J’ai beaucoup voyagé avec la danse et c’est devenu une deuxième passion. Disons que ces derniers temps, mes deux carrières ont été mises à l’épreuve.

M.: Je m’intéresse beaucoup au design, mais c’est surtout la scène qui me passionne et j’ai envie d’explorer le travail de scénographe. Ce serait une deuxième carrière et j’ai envie d’aller de l’avant. Mais quand j’étais petit, je voulais être journaliste. Je suis très curieux et je pense que je serais un bon journaliste.

Si vous pouviez danser pour un artiste de votre choix, qui choisiriez-vous et pourquoi?

J.: Le premier nom qui me vient en tête est Charlotte Cardin. Je suis connectée à ce qu’elle chante et je suis sensible à son art. Je l’aime vraiment, et je réaliserais un rêve si je travaillais avec elle.

M.: Je capote totalement sur Céline Dion, j’adorerais travailler avec elle et partager la scène avec elle en tant que danseur.

Avez-vous un autre talent?

J.: J’adore cuisiner et je me débrouille pas mal. J’aime cuisiner avec ma mère et ma fille. C’est un petit rituel familial.

M.: Je suis vraiment manuel; j’aime construire et transformer les choses. Dernièrement, Janie voulait une commode qui était très chère, alors nous sommes allés en acheter une pas très belle que j’ai ensuite transformée en m’inspirant de celle qu’elle convoitait au départ. Elle était bien contente.

Quel objet est important pour vous?

J.: Je dors encore avec ma doudou. Elle est rendue tellement vieille qu’elle ressemble à un vieux chiffon! Je l’ai emmenée en tournée et j’avais peur de l’oublier dans les chambres d’hôtel.

M.: Je ne suis pas très religieux, mais je possède une image de la Vierge Marie que ma grand-mère m’avait offerte en me disant qu’elle allait toujours me protéger. Comme ma grand-mère est décédée l’année dernière, cette image a pris un tout autre sens. Elle est suspendue dans ma chambre et je la regarde chaque jour.

Si vous pouviez passer une journée entière dans la peau d’une autre personne, sur qui arrêteriez-vous votre choix et pourquoi?

M.: J’aimerais vivre l’expérience d’être dans la peau de Chris Martin, le chanteur de Coldplay, pour voir l’impression que ça fait de jouer de la musique devant un public aussi imposant.

J.: Je suis une passionnée de musique, j’ai travaillé avec des chefs d’orchestre et je trouve ça impressionnant de les voir prendre en charge leurs musiciens. J’aimerais donc vivre une journée dans la peau d’un chef d’orchestre, comme Kent Nagano.

À quoi ressembleront vos prochains mois?

J.: Nous travaillons avec le TNM sur la production «Prélude à La nuit des rois», qui est un laboratoire autour d’une pièce de théâtre qui devrait être présentée sur scène en 2021. Nous donnons aussi des cours un peu partout dans la province et nous allons prochainement remonter sur scène, à Québec, pour danser.

M.: Les représentations du spectacle «Révolution» en tournée devraient aussi reprendre en février. Nous croisons les doigts.

«Prélude à La nuit des rois» sera accessible en ligne jusqu’au 18 octobre à l’adresse tnm.qc.ca.