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Fermé malgré un «investissement monstrueux»

Anne-Sophie Poiré | Le Journal de Montréal

Le directeur du Gym du Plateau, Aurélien Malod, montre les plexiglas installés entre les machines pour protéger sa clientèle et permettre à l’entreprise de demeurer ouverte.

Photo Martin Alarie

Le directeur du Gym du Plateau, Aurélien Malod, montre les plexiglas installés entre les machines pour protéger sa clientèle et permettre à l’entreprise de demeurer ouverte.

La direction de deux centres d’entraînement de Montréal dénonce l’incongruité de la fermeture des salles de sport en zones rouges par le gouvernement. 

« On a été de bons petits élèves, de bons petits soldats, laisse tomber Aurélien Malod, directeur du Gym du Plateau, sur l’avenue du Mont-Royal. On a fait beaucoup plus que ce qui était exigé par le gouvernement, oui, pour protéger notre business, mais aussi pour suivre les règles. »

Dès le premier confinement, en mars, le propriétaire de cette salle et du Gym Saint-Henri, Georges Valade, a rénové ses deux centres, qui sont désormais « les plus sécuritaires de la ville, sinon, au pays », dit-il. 

Il dit avoir investi 100 000 $, sans compter le salaire du personnel d’entretien « constamment à l’ouvrage pour désinfecter et nettoyer ».  

Comme à l’hôpital

Toutes les machines d’entraînement cardio et musculaire ainsi que les vélos du studio de spinning ont été séparés par des divisions en Lexan, « un plexiglas de haute qualité », précise M. Valade.

Des appareils de filtration de l’air de niveau MERV 11 ont été installés dans tous les systèmes de ventilation.

La cote MERV, de 1 à 16, est une échelle pour indiquer la performance d’un filtre.

Dans la salle de spinning, un système « MERV 16 » a été implanté, aussi efficace que ceux dans les hôpitaux et les salles de chirurgie. L’air de la salle peut ainsi être traité toutes les 10 minutes, selon lui.

« Avec toutes ces mesures, on pense qu’on est capable d’aller chercher une clientèle un peu frileuse de retourner dans les salles d’entraînement », fait-il valoir.  

Malgré un « investissement monstrueux », des mesures sanitaires allant « bien au-delà » de celles édictées par le gouvernement de François Legault et l’absence d’éclosion dans les deux centres d’entraînement, M. Malod a du mal à comprendre la logique derrière cette décision. 

« Ça n’a aucun sens », lâche-t-il.

« Dès qu’on ouvre la télé, Facebook ou la radio, la COVID est partout. Les gens viennent s’entraîner, passer une heure au gym et pouf ! Ils évacuent le stress et l’agressivité qu’ils ont encaissés toute la journée », poursuit Aurélien Malod.

Anxiété catastrophique 

Selon une enquête sur les impacts psychosociaux de la pandémie menée du 4 au 14 septembre par la professeure-chercheuse Mélissa Généreux, l’anxiété et la dépression sont « une deuxième catastrophe au Québec ». 

Un adulte sur cinq aurait ressenti des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure au cours des deux semaines précédant l’étude de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

À Montréal, la situation est encore plus corsée : le quart des adultes auraient éprouvé ces symptômes.

« Le gouvernement dit fermer les salles d’entraînement pour préserver le système de santé. C’est louable », lance M. Valade. Mais considérant les effets positifs de l’entraînement sur le bien-être physique et mental, « ça fait partie des incongruités », ajoute-t-il. 

« J’ai décroché du message du gouvernement, déplore l’entrepreneur. Ils ont perdu la crédibilité que je leur accordais. »