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Les écoles de langues mises en danger par la COVID-19

Maxime Auger | 24 Heures

PHOTOS TIRÉE DE FACEBOOK/COURTOISIE

La COVID-19 a fait une nouvelle victime alors qu’une école de langues de Montréal fréquentée majoritairement par des étudiants étrangers a fermé ses portes dans les dernières semaines.

Annoncée en fin septembre sur Facebook, la fermeture de l’Académie linguistique internationale (ALI) préoccupe Langues Canada, qui chapeaute les écoles de langues du pays. Ce n’est toutefois pas une surprise pour l’organisme fédéral en raison de la situation actuelle.

Le directeur général, Gonzalo Peralta, dresse d’ailleurs un portrait sombre pour ses établissements au Canada, et plus particulièrement au Québec. «Puisque les écoles privées ne sont pas reconnues dans le système éducatif québécois, toutes les institutions privées du Québec risquent de disparaître», a-t-il avancé.

M. Peralta a déploré que la situation soit Québec plus complexe qu’ailleurs. «Ce ne sont pas des restos, ce ne sont pas des commerces. Ce sont des institutions privées qui travaillent dans le domaine de l’éducation. Ça rend la vie de nos membres au Québec encore plus difficile. Surtout dans le contexte de la COVID-19, puisqu’ils ne savent pas quel règlement suivre.»

Avec les réouvertures des frontières canadiennes aux étudiants étrangers à compter du 20 octobre, il est permis de croire que la situation pourrait s’améliorer légèrement. Toutefois, rien n’est encore réglé alors que Langues Canada attend toujours une réponse de Québec sur les établissements qui seront autorisés à ouvrir.

Le Québec compte actuellement 39 établissements où il est possible pour les étudiants étrangers de venir apprendre le français ou l’anglais. Parmi eux, 31 sont dans le secteur privé. Au niveau canadien, c’est une trentaine d’écoles sur 226 qui ont fermé dans l’ensemble du pays depuis le début de l’année.

Une expérience

Malgré le fait d’offrir des cours en ligne comme solution alternative, la très grande majorité des étudiants inscrits dans les différents programmes ne souhaitent pas privilégier cette option.

«Si c’était simplement pour apprendre le français ou l’anglais, ils pourraient faire ça avec Duolingo chez eux. Mais les étudiants qui choisissent le Canada, Montréal et Québec pour apprendre, ils viennent pour vivre une expérience», a indiqué M. Peralta.

Ces fermetures pourraient également avoir un impact dans d’autres sphères de la société. Les universités et les collèges risquent non seulement de perdre des étudiants en raison de la barrière de la langue, mais le secteur de l’immigration pourrait aussi écoper. Certains étudiants des écoles de langues sont d'excellents candidats pour immigrer au Canada.

Pas de remboursements

Dans une publication sur Facebook, l’ALI mentionne qu’aucun remboursement ne sera effectué et que les étudiants seront redirigés vers d’autres cours et établissements de Langues Canada.

«On va offrir des cours de langues semblables à ce que les étudiants avaient acheté. Le gros problème, c’est qu’à cause de la COVID-19, on ne peut pas faire ça tout de suite», a mentionné M. Peralta, qui assure que le gros du travail présentement est de s’occuper des étudiants affectés par la fermeture de l’ALI.

Le «24 Heures» a tenté de joindre le propriétaire de l’ALI, mais ce dernier n’a pas retourné nos appels.