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L'opposition britannique appelle à un court confinement

Agence France-Presse

L'opposition travailliste a appelé mardi le premier ministre britannique Boris Johnson à confiner l'Angleterre pour deux ou trois semaines afin de casser la propagation du nouveau coronavirus, étrillant sa décision de passer outre les recommandations des experts en ce sens.

Une nouvelle fois, le dirigeant conservateur se trouve vertement critiqué pour sa gestion jugée erratique de la pandémie, qui a fait plus de 43 000 morts au Royaume-Uni, sans équivalent en Europe, et contaminé près de 635 000 personnes, dont plus de 17 000 nouveaux cas enregistrés mardi.

Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a appelé mardi le premier ministre à instaurer un confinement de deux à trois semaines en Angleterre pour casser la progression du virus, dont il accuse le gouvernement d'avoir «perdu le contrôle».

Une telle mesure permettrait aussi de réparer certaines des «erreurs faites par le gouvernement», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, citant notamment le système de traçage des cas. «Agissez maintenant, brisez le cycle» du virus, a-t-il lancé à l'adresse de M. Johnson.

Cette déclaration intervient alors qu'un compte-rendu de réunion, daté du 21 septembre, a mis le feu aux poudres lors de sa publication lundi en révélant que le comité scientifique chargé de conseiller le gouvernement avait préconisé dès septembre la mise en place d'un confinement de «deux ou trois semaines» pour interrompre «l'augmentation exponentielle des cas».

Selon ce document, les experts recommandaient également d'autres mesures à introduire «immédiatement», comme la fermeture des bars et restaurants, le télétravail, des cours uniquement en ligne dans les universités et l'interdiction de recevoir chez soi des membres d'un autre foyer.

Mais l'exécutif, qui cherche à tout prix à éviter un nouveau confinement national, n'en a adopté qu'une seule: le télétravail quand c'est possible. Un coup dur pour Boris Johnson, qui venait tout juste d'annoncer l'introduction d'un système d'alerte à trois niveaux pour l'Angleterre.

«Nous prenons des décisions qui sont guidées par la science, en prenant en compte toutes les considérations que nous devons regarder», a défendu mardi devant les députés le ministre de la Santé Matt Hancock.

Le porte-parole de Boris Johnson a quant à lui souligné que le gouvernement doit prendre en compte l'impact économique des mesures, et «c'est exactement ce que le premier ministre, le ministre des Finances» Rishi Sunak et les autres ministres ont fait.

Le ministre des Collectivités locales Robert Jenrick a souligné sur la BBC que le gouvernement avait pris d'autres mesures, comme l'interdiction de se rassembler à plus de six partout en Angleterre et la fermeture des pubs à 22h.

Le premier ministre conservateur se trouve en outre critiqué par certains élus de son propre camp au sujet des nouvelles restrictions, selon eux trop dures, imposées dans le cadre du nouveau système d'alerte à trois niveaux annoncé lundi pour simplifier le patchwork de mesures locales.

Le premier niveau, «moyen», correspond aux mesures valables pour toute l'Angleterre. À «élevé», dans les zones actuellement sous restrictions locales, les réunions entre personnes de différents foyers seront proscrites en intérieur.

Le maire travailliste de Londres Sadiq Khan a jugé mardi «inévitable» que la capitale passe à ce stade «dans les tout prochains jours».

Dans les régions au niveau «très élevé», comme à Liverpool où les pubs doivent fermer, des mesures supplémentaires seront appliquées avec le soutien des autorités locales.

Le médecin-chef pour l'Angleterre, Chris Whitty, a toutefois prévenu que cela pourrait ne pas suffire.

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