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La mise à mort de l'ours blanc

Michel Lemieux est sociologue

Peut-on parler d’autres choses que de la COVID et du racisme systématique ou pas?  

En mai dernier, plusieurs sources officielles ont émis l’avis que l’ours blanc allait disparaître de notre planète d’ici la fin du siècle. Déjà l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) avait classé l’espèce comme vulnérable, suivie par les gouvernements du Canada et du Québec. Chez nous, donc, on a interdit la chasse à l’ours blanc il y a plusieurs décennies. 

Vraiment? En fait, il s’agit d’une désinformation majeure : l’ours blanc, menacé par le réchauffement climatique, continue d’être chassé allégrement, avec l’aval de nos gouvernements. 

Selon les dernières statistiques disponibles, de 2002 à 2007 (voir le Registre public des espèces en péril du gouvernement fédéral), au Québec seulement, dans les trois zones d’habitat (Sud de la Baie d’Hudson, Bassin de Foxe et détroit de Davis), près de 1169 ours blancs furent tués par des chasseurs, soit environ 200 par année. Rappelons que la population québécoise des ours blancs est évaluée à 5350 bêtes, donc que le cinquième du cheptel a été massacré en 5 ans... Des animaux fragiles et vulnérables, qui voient la banquise se rétrécir chaque année.

Ce sont des Inuits, des Cris et des Naskapis qui effectuent cette chasse aberrante, qui est interdite aux Blancs. Ils le font soi-disant en vertu de droits ancestraux. En même temps, des chasseurs américains et autres paient entre 25 000 $ et 35 000 $ pour participer à ces chasses «ancestrales». Allez voir les belles photos de chasse d’ours blancs sur les sites de pourvoyeurs spécialisés, comme Ameri-cana. Des chasseurs tout ce qu’il y a de Blancs, encadrés par des Autochtones, qui massacrent des ours blancs avec le grand sourire.

Pour ma part, j’estime que nulle tradition «ancestrale» ne devrait être tolérée à cet égard. Les Inuits et les Cris n’ont pas besoin de cela pour vivre. On ne peut se plaindre d’un côté de la bouche des ravages du réchauffement climatique dans le Grand Nord et tolérer de l’autre côté, des abattages constants d’un animal au bord de la disparition.

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