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Le fermier qui aurait exporté du pot pourrait être extradé

Éric Thibault | Le Journal de Montréal

Andrew Schueppel, un fermier de Godmanchester, en Montérégie, fait face à des procédures d’extradition vers les États-Unis.

Photo tirée Facebook

Andrew Schueppel, un fermier de Godmanchester, en Montérégie, fait face à des procédures d’extradition vers les États-Unis.

Un agriculteur de la Montérégie que les autorités de l’État de New York soupçonnent d’avoir exporté plus de 30 de tonnes de cannabis pendant une décennie doit sentir le bras de la justice américaine s’approcher de lui.

Andrew Schueppel, dont l’extradition est réclamée de l’autre côté de la frontière, vient de subir un deuxième revers en l’espace de quelquesmois dans sa tentative d’éviter son procès dans l’État de New York.

Dans une décision rendue à Montréal à la fin septembre, le juge Marc-André Blanchard, de la Cour supérieure, vient de rejeter une récente requête du fermier de Godmanchester qui se plaignait d’être la cible de procédures abusives et injustes des autorités américaines.

Schueppel, 50 ans, qui ne fait l’objet d’aucune accusation au Canada, arguait que l’enquête policière, menée par la puissante Drug Enforcement Administration (DEA), le Homeland Security américain et la Gendarmerie royale du Canada, est truffée d’erreurs et d’irrégularités.

Trois délateurs

La Couronne a toutefois répliqué que la preuve amassée à l’encontre du Québécois est accablante.

Les procureurs fédéraux américains comptent sur pas moins de trois ex-complices allégués de l’agriculteur qui sont passés dans le camp des délateurs.

« Ces trois témoins ont participé à ce complot et ils viendront affirmer [au procès] que [Schueppel] a régulièrement transporté de la marijuana entre le Canada et les États-Unis, en plus d’avoir collecté des sommes d’argent en guise de paiements, entre 2002 et 2013 », a relaté le juge Blanchard dans sa décision.

Les policiers possèdent aussi des enregistrements de conversations téléphoniques et de rencontres incriminantes pour le fermier, dont les terres se trouvent à cheval sur une partie de la frontière.

De plus, Schueppel aurait même été observé par deux agents fédéraux alors qu’il traversait la frontière avec des sacs de hockey remplis de marijuana, selon la preuve.

Un des délateurs a déclaré qu’il avait aidé le fermier à acheminer près de 20 tonnes de pot « made in Canada » en territoire américain sur une base hebdomadaire, tandis qu’un autre aurait transporté 15 tonnes additionnelles de drogue.

En mai dernier, Andrew Schueppel a échoué à faire déclarer inconstitutionnels plusieurs articles de la loi canadienne sur l’extradition, en vertu de laquelle il pourrait bientôt être jugé dans l’État de New York, où il est passible d’une lourde peine advenant sa culpabilité.