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Le futur des tournages

Maxime Demers | Journal de Montréal

Rivalisant avec des villes comme Toronto, New York et Vancouver pour attirer des tournages étrangers, Montréal compte désormais un nouvel atout pour affronter la compétition : un plateau de production virtuelle mis en place par l’entreprise MELS. 

Conçu en collaboration avec Solotech et propulsé par Unreal Engine, une technologie d’Epic Games, ce nouveau plateau dernier cri offre aux producteurs un service « clé en main » qui leur permet notamment de concevoir des décors virtuels en temps réel pendant les tournages.  

« On voulait créer une offre différente qui permettrait à Montréal de se distinguer des autres villes avec lesquelles on est en concurrence », a expliqué Martin Carrier, président de MELS, lors d’une visite du nouveau studio le mois dernier. 

Martin Carrier, président de MELS.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Martin Carrier, président de MELS.

« La chance qu’on a, c’est qu’on avait déjà ici tous les ingrédients pour créer cette nouvelle carte de visite. L’idée, c’est de faire travailler ensemble le monde des jeux vidéo, des effets spéciaux, du cinéma et de la télé. Grâce à ce virage technologique, Montréal va avoir une longueur d’avance sur la façon de tourner. On est même déjà des précurseurs à ce niveau-là au Canada. »

Comme Star Wars 

Utilisée récemment pour la production de la série Star Wars : The Mandalorian, cette nouvelle technique de tournage consiste à remplacer les écrans verts par de grands panneaux DEL (conçus par Solotech) sur lesquels apparaît l’environnement dans lequel les personnages évoluent. Ainsi, lors de notre visite sur le plateau, deux acteurs tournaient une scène qui leur permettait de passer d’un appartement de New York aux toits de Paris en une fraction de seconde.

« Jusqu’à maintenant, on tournait sur fond vert et le décor était ajouté ensuite par ordinateur en postproduction, explique Martin Carrier. Avec cette nouvelle technique, on intègre les effets visuels en amont pendant la production. Cela nous permet de mieux contrôler nos tournages, mais aussi d’aller chercher une meilleure qualité.

« C’est certain que l’on compte là-dessus pour attirer des gros joueurs américains et des tournages de grande envergure. Mais on veut aussi que cet outil soit accessible aux producteurs locaux qui souhaitent tourner des publicités, des courts métrages ou des téléséries. »

Solution pandémique 

Ce plateau de production virtuelle offre plus de flexibilité et de liberté créatrice aux équipes de tournage. Le réalisateur Mathieu Ratté, qui a aidé à développer le projet, estime que cette nouvelle façon de travailler est parfaitement adaptée aux contraintes de tournage liées à la pandémie. 

Mathieu Ratté, réalisateur.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Mathieu Ratté, réalisateur.

« Avec cette nouvelle façon de tourner, on peut choisir et contrôler l’environnement dans lequel on travaille, observe-t-il. Je peux par exemple avoir un coucher de soleil comme décor pendant toute une journée. Et si je veux tourner une scène qui se déroule au Louvre, je n’ai pas besoin de traverser l’Atlantique pour le faire. Je pense que c’est l’avenir des tournages. »