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Les snowbirds font une croix sur leur fuite de l'hiver, mais pas tous

Émilie Bergeron | Agence QMI

Bien des snowbirds renoncent à fuir les rigueurs de l’hiver pour le soleil de la Floride en raison de la pandémie, mais quelques irréductibles Gaulois comptent y aller coûte que coûte.

«On a fait très attention ici. On va faire la même procédure là-bas [...], mais câline, au moins ça va être agréable d’être un peu au soleil», a fait valoir mercredi Raymond Racette, un sexagénaire de Saint-Sauveur qui se rendra dans le sud en novembre avec sa conjointe pour y rester jusqu’en avril.

Le propriétaire d’un terrain avec maison mobile reconnaît que le risque zéro de contracter la COVID-19 n’existe pas, mais il est persuadé que tout ira bien tant qu’il suit les règles sanitaires une fois sur place.

Par exemple, il mentionne que les visites sont interdites sur le site qu’il fréquente, Park Lake Estates, et que le port du masque est de mise dans tout espace commun.

L'effet Trump? 

Or, bien d’autres snowbirds contactés mercredi et leurs connaissances ont plutôt abandonné leurs projets d’escapade, découragés par la gestion de la crise de la COVID-19 par l’administration américaine de Donald Trump.

«Je trouve qu’ils ne prennent pas ça au sérieux, qu’ils déconfinent rapidement et que le président est complètement fou. Ça pèse beaucoup dans la balance», a résumé Jean-Marc Gagné, qui fait plusieurs séjours d’une dizaine de jours en Floride chaque hiver, en temps normal.

Selon l’Université Johns Hopkins, environ 2000 nouveaux cas de COVID-19 et plus d’une centaine de décès surviennent en Floride quotidiennement.

À vos risques et périls 

En entrevue à la radio de Winnipeg CJOB, mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a soutenu qu'il ne pouvait pas empêcher les fervents snowbirds de quitter le Canada, mais les a prévenus qu'ils le feraient à leurs risques et périls.

«Il y une liberté de circulation dans ce pays, [mais] les gens doivent juste reconnaître qu’ils se mettent en danger, de même que leurs proches, et qu’ils n’auraient pas forcément le même accès à des assurances de soins de santé», a-t-il dit.

Ce dernier point a contribué à la décision de Jean Shaffer et de Madeleine Fortin, un couple de Laval, de faire une croix sur leur habituel voyage en Floride.

«Les assureurs nous disent qu’ils nous assureraient pour la COVID-19, mais que s’il y a un débordement dans les hôpitaux et qu’on n’est pas Américains, on ne sera pas les premiers sur la liste», a relevé Mme Fortin.

Quoi qu’il en soit, Denis Lussier, propriétaire d’un complexe d’appartements à West Palm Beach, ne s’attend pas à ce que les Québécois mettent le pied chez lui de sitôt. Ce qui convainc surtout sa clientèle de passer son tour, selon lui, ce sont leurs enfants inquiets.