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Aide juridique: un pas vers une justice plus accessible

Amélie St-Yves | TVA Nouvelles

Des avocats qui réclament une réforme de l'aide juridique depuis 2017 ont partiellement eu gain de cause. Le gouvernement bonifie les montants forfaitaires pour l'aide juridique et se dit ouvert à une réforme.

À 550 $ de revenus pour défendre un dossier criminel, certains avocats acceptaient d'être payés sous le salaire minimum.

Conséquence: certains limitent le nombre de dossiers d'aide juridiques qu'ils traitent, et des citoyens peinent à être représentés.

«Il y a de nombreuses personnes qui ne réussissent pas à se trouver un avocat parce que, ce qu'on va demander comme travail, pour que justice soit rendue, va impliquer que l'avocat devra travailler, pratiquement bénévolement», a expliqué jeudi le président de l'Association des avocats de la défense du Québec, Me Michel Lebrun, en entrevue avec TVA Nouvelles.

«Beaucoup le faisaient pour aider les citoyens, mais un moment donné, ils n'arrivaient plus à fonctionner», a ajouté quant à elle la directrice du Centre de justice de proximité de la Mauricie, Me Andréanne Lascelle-Lavallée.

Le gouvernement a récemment accordé une hausse moyenne de 14,7 % des tarifs de l'aide juridique, ce qui constitue un pas dans la bonne direction pour une justice plus accessible. Avec cet ajout, le montant forfaitaire pour un dossier criminel passe à 600 $.

«Trouver un avocat, ce n'est pas toujours facile, ça coûte cher. Et donc les personnes qui sont à faible revenu, les personnes les plus vulnérables, doivent pouvoir avoir accès à la justice», a souligné le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

Par ailleurs, plusieurs avocats estiment que le gouvernement gagnerait à mieux payer les avocats qui acceptent des mandats d'aide juridique, plutôt que de se retrouver avec des citoyens qui se représentent seul parce qu'ils n'ont pas réussi à se trouver d'avocat.

«Non seulement ces citoyens-là n'obtiennent pas justice, mais ça paralyse de façon importante le système judiciaire», a déploré Me Lebrun.

Les avocats demandent maintenant une refonte en profondeur de la grille tarifaire.

«Nous, on est ouverts, et s’il y a lieu de revoir la structure tarifaire, on va le faire», a mentionné le ministre de la Justice.