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Conduite dangereuse causant la mort: de quelle peine écopera Catherine Geoffroy?

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

L'étape des observations sur la peine avait lieu jeudi, au palais de justice de Granby, dans le dossier de Catherine Geoffroy. La femme de 33 ans a été déclarée coupable par un jury le mois dernier de conduite dangereuse ayant causé la mort et de délit de fuite mortel.

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Les évènements survenus il y a bientôt trois ans à Bonsecours, en Estrie, ont coûté la vie à un signaleur routier de 60 ans.

«Ma cliente n'a pas besoin d'être isolée pour protéger la société. Elle n'a pas intentionnellement ou consciemment foncé sur Michel Carmel», a insisté l'avocat de défense Alexandre Tardif auprès du juge Claude Villeneuve.

S'adressant à la famille de la victime, Catherine Geoffroy a dit regretter chaque jour sa tragique erreur de jugement.

En novembre 2017, sur un chantier de Bonsecours, Mme Geoffroy a ignoré les consignes d'une première signaleuse et l’a frôlée avec son véhicule alors qu'elle parlait au cellulaire.

La victime, Michel Carmel, lui a ordonné de s'arrêter parce qu'il venait d'appeler les policiers. Après s'être immobilisée pendant un moment, voyant l'agitation autour d'elle, Catherine Geoffroy a choisi de repartir et de poursuivre son chemin. Le signaleur de 60 ans a été renversé au moment où il tentait de lui bloquer le passage.

Parce que Mme Geoffroy est la mère d'une fillette de 21 mois et qu’elle occupe un emploi stable, son avocat croit qu’une peine discontinue de 45 week-ends de prison ou une peine maximale de 15 mois seraient suffisamment dissuasives envers les autres automobilistes.

Une suggestion avec laquelle les proches de la victime sont bien sûr en désaccord. «Quel message cela enverrait aux automobilistes? Comment peut-on espérer qu'ils respectent et prennent au sérieux le travail des signaleurs? On fait tous des erreurs, la sienne a coûté la vie à un être humain. Elle doit en payer le prix et assumer les conséquences de son geste», ont exprimé Lyne Lemay, conjointe de M. Carmel, ainsi que Marguerite Carmel, la mère de la victime.

Jamais avant aujourd'hui, Catherine Geoffroy n'avait manifesté de regrets, a souligné la poursuite.

Le fait d'avoir quitté les lieux de l'accident, de ne pas avoir exprimé de remords jusqu'au moment où elle a appris le décès du signaleur plusieurs semaines plus tard sont des facteurs aggravants qui méritent d'être dénoncés par l'imposition d'une peine globale de trois ans d'emprisonnement et une interdiction de conduire de quatre années après sa sortie de prison, selon la Couronne.

Le juge Claude Villeneuve prendra le temps de réfléchir à la peine appropriée.

C'est le 2 novembre qu'il fera connaître sa décision.