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L’antimasque du Tim Hortons récidive dans un palais de justice

Jonathan Tremblay

Masque COVID-19

Captures d’écran tirée de YouTube

Le contrevenant qui avait eu maille à partir avec des policiers dans un Tim Hortons dès la première journée où le port du masque est devenu obligatoire a rappliqué mercredi en se faisant à nouveau arrêter, cette fois dans un palais de justice.

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Marc-André Jean Legros, 31 ans, sera de nouveau traduit en justice pour avoir contrevenu aux règles sanitaires en temps de pandémie.

Le résident de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, s’est présenté mercredi matin au palais de justice de Saint-Jérôme avec un masque du mouvement cybermilitant Anonymous.

Il l’aurait ensuite retiré de son visage devant l’huissière qui limite au minimum les entrées dans l’édifice, selon nos informations. Un constable spécial lui aurait alors demandé de le remettre, mais Jean Legros aurait refusé.

Il s’est donc immédiatement fait montrer la porte. Même s’il avait à ce moment-là deux dossiers criminels actifs, aucun d’eux n’était traité mercredi.

Toujours selon nos informations, le récalcitrant ne voulait rien entendre et ne collaborait pas avec les autorités. L’agent de la paix lui aurait alors ordonné de sortir sur-le-champ. Mais avant de partir, Jean Legros l’aurait menacé avec du poivre de Cayenne en aérosol.

Sans perdre une seconde, le constable l’a mis en état d’arrestation à l’extérieur du palais, où ses collègues l’ont assisté pour passer les menottes aux poignets de l’individu.

Jean Legros a ensuite été libéré sous promesse de comparaître devant le tribunal en janvier. Il pourrait faire face à une accusation de menaces.

Depuis le jour 1

Ce n’est pas la première frasque de ce trentenaire depuis le début de la pandémie.

Le 18 juillet – première journée où le port du masque devenait obligatoire à l’intérieur des commerces –, Jean Legros, le visage à découvert, a été interpellé par deux policiers au Tim Hortons situé au coin de l’avenue Papineau et de la rue Jarry Est, à Montréal.

Il s’est obstiné durant une vingtaine de secondes avec les patrouilleurs, avant que ceux-ci le couchent au sol et le neutralisent pendant qu’il tentait sans cesse de se défaire de leur emprise. 

Ces images avaient été filmées par sa conjointe et avaient rapidement fait le tour du web.

Marc-André Jean Legros lors de son arrestation survenue en juillet dans un Tim Hortons de Montréal.

Photo tirée de FACEBOOK

Marc-André Jean Legros lors de son arrestation survenue en juillet dans un Tim Hortons de Montréal.

Puis, il y a près de deux semaines, l’homme qui se couvre pourtant le visage d’un masque d’Halloween s’est fait filmer pour dénoncer l’arrestation « agressive » qu’il dit avoir subie à Montréal. 

Il y déplore la force utilisée pour le contenir et prétend qu’il avait un problème médical lui permettant de ne pas porter de couvre-visage.

Des « moutons »

« J’ai été poivré à deux reprises par les policiers juste parce que je n’ai pas voulu sortir de mon plein gré », dit-il, avant de montrer le rapport du Service de police de la Ville de Montréal à l’écran.

« Avec le poivre de Cayenne que j’ai reçu dans la bouche et dans les yeux, je n’étais plus capable de respirer. J’ai demandé à être capable de pouvoir me relever pour qu’on puisse me menotter », poursuit-il.

« Les autres [clients] qui étaient là ont été assez moutons pour laisser faire ça [l’arrestation], après avoir dit deux fois que j’étouffais et que je manquais d’air. À une seule reprise, je pensais mourir parce que je manquais vraiment d’air », dit-il.

– Avec la collaboration de Christian Plouffe