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Manifestation contre Uber de chauffeurs qui veulent être salariés

Agence France-Presse

Quelques centaines de personnes ont manifesté à San Francisco jeudi contre Uber et sa proposition d'accorder des avantages sociaux aux chauffeurs sans les requalifier en employés, contrairement à la loi californienne.

«Je suis inquiet pour cette industrie, pour les chauffeurs et pour moi, mais aussi pour le futur du travail», a déclaré Carlos Ramos, chauffeur Uber et l'un des organisateurs d'un groupe de travailleurs de la «gig economy» (économie à la tâche), «Gig Workers Rising».

«Que va-t-il se passer quand la prochaine entreprise technologique va décider qu'elle ne veut pas payer ses employés non plus, qu'elle veut aussi les maintenir au statut +d'indépendants+ dans l'intérêt de ses bénéfices ?», a-t-il continué.

Uber et Lyft, son concurrent américain, refusent d'appliquer une nouvelle loi californienne, en vigueur depuis janvier, qui les oblige à requalifier leurs chauffeurs en salariés.

À la place, ils ont mis sur la table un compromis, la Proposition 22, sur laquelle les électeurs de cet État américain doivent se prononcer le 3 novembre. Ils veulent accorder certains avantages (revenu minimum, contributions à des assurances), mais conserver leur modèle de plateforme qui met en relation les clients et les chauffeurs.

«Non à la Proposition 22», ont scandé les conducteurs devant le siège d'Uber, rejoints par des motards du syndicat Teamster et des employés du secteur des technologies.

Ivan est venu manifester parce que «la Proposition est insuffisante. Ce n'est qu'une façade pour que ces entreprises puissent faire des profits, mais cela se fait à nos dépens».

«Aujourd'hui, Uber, Lyft, Doordash et toutes ces entreprises, paient moins que le salaire minimum. Tous les droits pour lesquels ce sont battues les générations précédentes sont jetés par la fenêtre au nom de concepts tels que les pigistes ou la +flexibilité+. Mais si une entreprise n'est pas en mesure de payer les gens le salaire minimum pour faire leur travail alors elle ne devrait pas avoir le droit de fonctionner», a commenté Maria, employée d'une entreprise dans le secteur des technologies, venue soutenir les chauffeurs.

Les plateformes assurent de leur côté que l'écrasante majorité des conducteurs, quatre sur cinq, préfère le modèle actuel, pour la flexibilité des horaires.

Selon Lyft, 86% de ses conducteurs californiens conduisent moins de 20 heures par semaine et tiennent à garder le contrôle de leur emploi du temps, parce qu'ils sont étudiants, retraités ou ont un autre emploi.

Les deux entreprises ont dépensé des dizaines de millions de dollars pour organiser le scrutin.