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Pierre Karl Péladeau s’intéresse toujours à Air Transat

Francis Halin | Journal de Montréal

Pierre Karl Péladeau, qui craint de voir un autre fleuron du Québec Inc. s’envoler si Air Canada met la main sur Air Transat, se montre toujours intéressé à acheter l’entreprise.  

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«Je continue à analyser le dossier», a indiqué Pierre Karl Péladeau en entrevue au Journal quand on lui a demandé s’il s’intéressait toujours à Air Transat. 

Jeudi, l'actionnaire de contrôle de Québecor, qui agit ici à titre personnel dans le dossier, s’est dit préoccupé par le sort d’Air Transat, qui risque de passer aux mains d’Air Canada. 

«On est obligé de constater avec la nouvelle offre que c’est fini. Si les actionnaires et le gouvernement de François Legault acceptent de ne rien faire, c’est fini le siège social montréalais de Transat et la fierté des Québécois envers cette marque d’ici», a-t-il déploré. 

En raison de la pandémie, Air Canada devrait finalement avaler Air Transat pour 190 millions, soit quatre fois moins que ce qui avait été prévu l’an dernier. 

«La transaction n'est pas faite, a rappelé M. Péladeau sur les ondes de LCN. En avril dernier le bureau de la concurrence a émis des commentaires au ministre des Transports [fédéral] qui requiert son autorisation pour dire qu'il allait y avoir une concurrence diminuée de façon significative.»

Le ministre Marc Garneau n'a toujours pas donné le feu vert à cette transaction. La Commission européenne et les autorités de la concurrence en Europe doivent également autoriser la transaction, indique Pierre-Karl Péladeau.

Malgré les difficultés qu'éprouve le milieu de l'aérospatial en raison de la pandémie de COVID-19, M. Péladeau se dit optimiste pour l'avenir de l'industrie.

«Il faut avoir la patience nécessaire. En ce me concerne, moi j'ai du capital patient. Je ne suis pas ici pour faire, comme on dit, un ''flip'' d'une activité. Au contraire, j'ai à coeur le développement économique du Québec, j'ai à coeur le développement des entreprises québécoises et des entrepreneurs», dit-il.

Langue française

M. Péladeau a rappelé qu’Air Canada n’était pas la compagnie qui avait le plus à cœur la langue française. 

«Air Canada est l’entreprise qui ne respecte pas les langues officielles depuis toujours. Pas depuis un an. Depuis toujours. C’est elle qui a le pire bilan», a-t-il laissé tomber. 

L’homme d’affaires a dit aussi craindre de voir une explosion des prix des billets d’avion avec la transaction. 

«Le jour ou Transat l’achète, c’est terminé la concurrence. Qui va payer pour cette transaction-là ? Ce sont les Québécois et les Québécoises parce qu’il y aura des tarifs plus élevés», a-t-il analysé.

«C'est indéniable, il y aura un quasimonopole de créé. Soixante pour cent des lignes aériennes pour l'Europe vont être dorénavant sous une seule entreprise et ça, ce sont les Québécois et les Québécoises qui vont payer pour», a--t-il ajouté.

Au passage, le grand patron de Québecor n’a pas manqué de décocher une flèche au gouvernement de François Legault, qui appuie la transaction. 

«C’est extrêmement difficile de voir comment le gouvernement du Québec peut encourager une entreprise comme Air Canada», s’est-il désolé. 

- Avec la collaboration de Sylvain Larocque

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