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Racisme envers les Autochtones: une rencontre d'urgence aura lieu vendredi

Émilie Bergeron | Agence QMI

Photo d'archives, AGENCE QMI

Une foule de membres de différentes communautés autochtones parleront des expériences de racisme qu'ils ont vécues dans le milieu de la santé un peu partout au Canada, vendredi, au cours d’une rencontre d’urgence convoquée par Ottawa dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan.

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«Le racisme tue et le racisme systémique tue systématiquement. [...] Ce que nous pouvons faire, au fédéral, c’est d’exercer notre devoir moral de condamner le racisme sous toutes ses formes et de rassembler tous les acteurs qui ensemble peuvent faire une différence», a déclaré le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, jeudi en point de presse à Ottawa.

Il a indiqué qu’environ 200 personnes participeront à cette rencontre qui se déroulera virtuellement, étant donné la crise de la COVID-19. Parmi les représentants autochtones qui seront au rendez-vous, on retrouve le chef du Conseil des Attikameks de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

Le leader autochtone de la communauté de Joyce Echaquan a l’intention de faire des demandes en matière de financement pour assurer un meilleur accès aux soins de santé aux gens de Manawan.

«Tant que le problème de racisme systémique ne sera pas réglé, c’est très important qu’on retrouve [du financement] et qu’on les réfère vers un autre milieu hospitalier que celui de Joliette», a-t-il dit en entrevue.

Rappelons que c’est dans un hôpital tout près de Joliette, dans Lanaudière, que Joyce Echaquan a perdu la vie après avoir reçu une pluie d’insultes racistes par des membres du personnel soignant.

«Les gens ont peur d’y aller», a souligné le chef Ottawa. Il dit espérer que le gouvernement fédéral et le gouvernement québécois de François Legault feront preuve de collaboration pour faire avancer le dossier. Il estime que les deux paliers de gouvernement ont tendance à «jouer au ping-pong» quand vient le temps de parler de soins de santé pour les Autochtones.

Du côté du Québec, le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, devrait participer à la réunion. Des intervenants du milieu de la santé seront aussi présents.

La parole sera toutefois surtout donnée aux membres des communautés autochtones puisque le but de la rencontre est d'écouter les expériences vécues, a précisé le ministre Miller.

L'élu montréalais s'est par ailleurs gardé de dire qu'une reconnaissance du racisme systémique par le gouvernement Legault était nécessaire au bon déroulement de l'exercice.

«Le fait de ne pas reconnaître le racisme systémique continue de blesser le peuple attikamek qui le vit chaque jour et qui l’a vécu de façon aiguë en voyant la mort de Joyce Echaquan», s'est-il tout de même permis.