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Pas de retour à la «normalité» à la fin octobre

Marc-André Gagnon | Bureau parlementaire

Malgré l’efficacité des mesures imposées dernièrement, le ministre de la Santé, Christian Dubé, demande aux Québécois d’en faire un petit peu plus pour réussir à aplatir la courbe, en évitant au moins un contact non-essentiel additionnel par jour. 

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«Si on pouvait éliminer un contact sur 5 (par jour) dans les prochaines semaines, ça ferait une très grosse différence», a insisté le ministre Dubé, en réagissant aux plus récentes projections sur la progression de la pandémie dévoilées vendredi. 

Dans un premier rapport, L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a relevé que contrairement à la semaine dernière, on semble se diriger vers une stabilisation du nombre d'hospitalisations. 

Comme l’INESSS, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), dans une autre étude, projette que les mesures imposées depuis le début octobre devraient permettre de ralentir la progression de l’épidémie. 

À l’inverse, si rien n’avait été fait, «on s'en allait dans le mur», a résumé Dr Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste à INSPQ. Selon leurs projections, sans aucune nouvelle mesure, le nombre de nouveaux cas aurait augmenté de façon «exponentielle», pour dépasser les 4000 par jour au cours du mois de novembre. D’ici la fin de l’année, plus de 200 hospitalisations et une centaine de nouveaux décès auraient pu être enregistrés. 

«La partie n'est pas gagnée», dit Dubé   

«Si des personnes en doutait, [...] les données qu'on voit démontrent clairement que les sacrifices qu'on fait depuis le 1er octobre, ils fonctionnent», a commenté Dubé, en rappelant que la partie reste encore loin d’être gagnée. 

Même si les mesures dans les écoles et la fermeture des bars et restaurants étaient maintenues, les projections de l’INSPQ pointent vers une croissance continue du nombre de cas, des hospitalisations et des décès. 

Seulement que dans le Grand Montréal, la barre des 2000 cas par jour pourrait être franchie avant la fin de l’année, selon le scénario modélisé en fonction des mesures adoptées récemment. 

En revanche, si les citoyens réduisaient encore leurs contacts non-essentiels de 25 %, tout en veillant au plus grand respect de la distinction physique, les experts de l’INSPQ estiment qu’il serait possible de stabiliser rapidement l’épidémie au Québec, voire même de réduire le nombre de cas, d’hospitalisations et de décès. 

Se rapprocher de la normalité   

Selon le ministre Dubé, cette simple réduction supplémentaire des contacts permettrait au Québec de se retrouver «dans une situation presque idéale», en dégageant la marge de manœuvre nécessaire pour préserver le système de santé et envisager éventuellement l’élimination de certaines mesures, comme les restrictions pour les sports et les loisirs. 

«Les deux prochaines semaines sont critiques», a signalé le ministre de la Santé, sans écarter la possibilité que la plupart des mesures imposées au début du mois se poursuivent après le 28 octobre. 

«On ne retournera pas au niveau de normalité qu’on avait au mois d’août, a-t-il prévenu. Ce qu’on veut, c’est être capable de se rapprocher un petit peu plus de la normalité.»

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