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Une commission enquête sur le sort du DG de la SQ

Vincent Larin

Québec franchit une autre étape vers la possible destitution du directeur général du plus important corps policier de la province.

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Vendredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guibault, a annoncé qu’elle mandatait la Commission de la fonction publique «pour qu'elle fasse enquête et qu'elle me fasse rapport sur l'existence ou la suffisance d'une cause de destitution ou de suspension sans rémunération» de Martin Prud'homme.

Il s’agit de la procédure prévue par la première loi adoptée par le gouvernement Legault qui confie aux députés de l’Assemblée nationale de nommer et de démettre les dirigeants de la SQ, de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Martin Prud’homme est suspendu depuis mars 2019 en raison d’accusations criminelles qui pesaient contre lui. Il a finalement été blanchi de celles-ci, mais était encore récemment l’objet d’une autre enquête, administrative celle-là, concernant une faute déontologique qu’il aurait commise.

Cette faute déontologique découlerait d’un appel de M. Prud’homme à la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Annick Murphy, en octobre 2017.

Selon un article de «La Presse» publié en avril, cet appel portait sur une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) visant à identifier la source de fuites au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Martin Prud’homme a fait une sortie enflammée vendredi matin pour dénoncer son congédiement en affirmant être «victime d'une volonté du gouvernement de mettre fin à 32 ans de carrière au service du public».

Il affirme que le gouvernement s’apprêterait à prendre une décision «sur la base de faits erronés, incomplets et qui comportent une multitude de raccourcis», notamment puisqu’aucune question ne lui a été posée lors de son témoignage dans le cadre de l’enquête administrative.

«La véritable intention derrière cette enquête n'était pas l'appel téléphonique, mais plutôt de mener une vaste partie de pêche visant à m'associer aux fuites médiatiques sur la simple présomption que j'avais des liens d'amitié avec [le député] Guy Ouellette et des liens familiaux avec l'ex-commissaire à l'UPAC, Robert Lafrenière», a-t-il dit.

Geneviève Guilbault lui a répondu par médias interposés qu’elle accepterait de rendre public le rapport qui a mené à sa décision de franchir une nouvelle étape vers sa destitution.

«Si M. Prud'homme consent à rendre public le rapport, le contenu du rapport du comité d'experts qu'il a en sa possession depuis le mois de juin, qui fait partie de la documentation qui m'a été transmise par le Secrétariat des emplois supérieurs, nous allons y consentir», a-t-elle déclaré.

De son côté, l’opposition libérale demande à connaître exactement quels gestes sont reprochés à Martin Prud’homme.

«Les Québécois ont le droit de savoir après presque 18 mois ce qu’on reproche à M. Prud’homme. À la lumière des informations dont on dispose, cela s'apparente à un règlement de compte, de l'acharnement», a estimé le porte-parole libéral en matière de sécurité publique, Jean Rousselle.

Pour Québec solidaire, «il est temps de mettre un terme à la petite politique dans la police».

«Si M. Prud’homme désire faire valoir son point de vue, il devra participer à l’enquête de la Commission de la fonction publique. À savoir si une destitution est nécessaire, on s’en remet à l’analyse de la Commission de la fonction publique, qui rendra ses conclusions», a indiqué le porte-parole du parti en matière de sécurité publique, Alexandre Leduc.

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