/news/currentevents

La victime s’était munie de caméras tant elle avait peur

Jonathan Tremblay | Journal de Montréal

Bloc police urgence urgences

Photo d'archives

La sexagénaire qui aurait été abattue par son voisin immédiat, mercredi, dans les Laurentides, avait si peur de lui qu’elle avait fait installer des caméras de surveillance et se terrait derrière les rideaux de sa résidence.

• À lire aussi: Un corps retrouvé à Brownsburg-Chatham

• À lire aussi: Une dame tuée après une longue chicane de voisins

« Elle m’a montré des vidéos. Je comprends qu’elle avait peur. Elle me disait : “Je ne sais pas ce qu’il va décider de faire”. Il l’espionnait tout le temps », a confié vendredi Louise Lusignan, une amie de la victime.

Celle-ci habite également sur le chemin Édina, à Brownsburg-Chatham, où Bonnie-Lyn Finnigan, 62 ans, a été trouvée morte chez elle, en après-midi.

Le corps de la victime présentait des marques de violence.

Dès le lendemain, son voisin immédiat, Howard Charles Kirby, 75 ans, a été accusé du meurtre prémédité.

Avec une arme à feu 

Selon nos plus récentes informations, la sexagénaire aurait été atteinte par au moins un projectile d’arme à feu.

L’accusé aurait harcelé Mme Finnigan depuis plus de 15 ans, nous ont rapporté ses proches.

« Il ne parlait pas. Il ne disait rien. Personne n’allait jamais le visiter. Il était weird. C’était comme un ermite, a témoigné Mme Lusignan. Bonnie disait avoir montré des vidéos à la police, mais il n’y avait pas assez de preuves, selon eux. On ne le voyait pas bien. Il utilisait des flashlights, le soir. »

D’après sa bonne amie, la sexagénaire laissait toujours ses rideaux fermés, tant elle craignait que son voisin puisse l’apercevoir dans sa demeure.

Filmé sur place 

Cette semaine encore, Bonnie-Lyn Finnigan et elle s’apprêtaient à retourner vers les autorités avec de nouvelles bandes vidéo de l’épieur en action. 

« Elle m’avait demandé d’y aller avec elle. On était pour le faire. On en parlait lundi », a soufflé Louise Lusignan, avant d’éclater en sanglots.

Une partie de la scène plaçant l’accusé sur les lieux aurait d’ailleurs possiblement été filmée par ces caméras.

Louise Lusignan déplore la difficulté qu’ont les femmes à obtenir de l’aide lorsqu’elles sont victimes de harcèlement.

« Ça prend une preuve solide. C’est quoi ? Il faut attendre qu’elles meurent pour que le monde fasse de quoi ? Je n’accuse pas personne en particulier, mais là, mon amie, je ne la verrai plus jamais », s’est attristée celle qui dit aussi avoir été victime d’une situation semblable par le passé.

Cette dernière décrit sa voisine comme une femme ayant le cœur sur la main. 

« Elle donnait tout ce qu’elle avait », a-t-elle conclu.