/news/faitesladifference

Les étudiants souffrent en silence derrière leur écran

Simon Atchison

Photo Simon Clark

Comme des milliers d’étudiants, je souffre en silence depuis le mois de mars dernier. Je ne compte plus les jours où je passe plus de 10 heures seul devant mon écran d’ordinateur. Mes enseignants sont devenus des écrans d’ordinateur et des pages web, tandis que mes camarades de classe sont une simple étiquette sur Zoom. 

Consultez tous les textes de la section «Faites la différence» en cliquant ici.

Rassurez-vous, je ne suis n’y complotiste ni covidosceptique. Je crois au virus et en ses conséquences. Ceci n’est pas une remise en cause du danger du virus ni des mesures mises en place, mais un rappel que oui, nous, les étudiants universitaires, sommes toujours en vie et pour une grande partie d’entre nous, nous souffrons en silence derrière notre écran.

Le gouvernement fait des pieds et des mains pour garder certaines choses ouvertes. On annonce même aujourd’hui que les enfants pourront passer l’Halloween. En passant, aujourd’hui, le 15 octobre, on ne peut même pas être 2 dans un parc, mais le 31 au soir, des milliers d’enfants et leurs parents dans les rues, ça serait correct? Soyons honnêtes, les mesures de distanciation risquent d’être bafouées le 31 et tout le monde le sait.

Quand je vois le gouvernement de la CAQ se battre pour donner des petites victoires à certains groupes, j’ai un petit pincement au cœur chaque fois. Parce que depuis mars, il n’y a eu aucune victoire pour nous, les étudiants universitaires montréalais. Ce qu’on se répète pour se rassurer: t’as pas le choix, tu restes chez toi pour sauver les autres de ce maudit virus.

Le gouvernement et les universités ne se forcent pas trop. Ils comptent sur notre docilité et notre bonne compréhension. Combien d’entre nous aimerions que la ministre de l'Enseignement supérieur nous demande à nous, les étudiants, comment ça va? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour vous? Avez-vous des suggestions? C’est silence radio. Personne n’est préoccupé par le fait que nous n’avons aucune interaction sociale, que notre quotidien se limite à nous et notre écran d’ordinateur. Depuis qu’on a 5 ans, on entend tous les spécialistes nous dire: ne restez pas trop devant l’écran, ce n’est pas bon! 

L’impact psychologique, il est là! Peut-être qu'on n’en parle pas par peur d’être jugé, parce que la santé mentale, en 2020, c’est encore tabou. Reste que je ne crois pas être le seul à avoir besoin de me rassurer face à l’anxiété développée et parfois, à avoir le goût de tout abandonner. De me sentir seul, toute la semaine, et de manquer le simple fait d’attendre l’autobus dehors, à -40, pour un cours à 8h.   

  • Écoutez l’entrevue de Simon Atchinson avec Mario Dumont   

Est-ce que ça serait si compliqué de faire des plus petites classes? De prolonger les heures d’ouverture pour permettre des plus petites classes? D'utiliser nos parcs pour dispenser des cours? Au moins, donner l’option à ceux qui le veulent? Au moins, que la CAQ s’intéresse à nous! Qu’on nous donne signe de vie et qu'on nous dise: on ne vous a pas oubliés!

On mérite au moins d’entendre parler de nous! Parce qu’en ce moment on se sent laissés de côté. On branche tout le monde sur Zoom et fin de la discussion. C’est ce qui est dommage. Je ne dis pas de rouvrir les écoles, mais je crois qu’on peut être plus créatif que la froideur des cours en ligne. On devrait pouvoir se parler et trouver une idée pour nous aider à surmonter les défis psychologiques!

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?