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Sylvie Léonard: attachante, mais fatigante, dans «Caméra Café»

Marie-Josée R. Roy

PHOTO COURTOISIE

Les adieux à sa truculente Madeleine de «Lâcher prise» maintenant bouclés, Sylvie Léonard est prête à attaquer un autre défi comique. Celui-ci porte le nom de Francine, et sera l’un des personnages pivots de la nouvelle mouture de «Caméra Café», l’hiver prochain, à TVA. 

Aux côtés d’Anne-Élisabeth Bossé, Didier Lucien, Marie-Soleil Dion, José Gaudet et d’autres talents comiques, Sylvie Léonard se glissera dans la peau de cette femme «hyper sympathique, mais pas endurable», à mille lieues de Madeleine de «Lâcher prise» ou Sylvie d’«Un gars, une fille».

«C’est un autre style de madame, rigole l’actrice. C’est une femme fin cinquantaine, début soixantaine, très, très dynamique, mais pas très efficace! Elle parle beaucoup, veut diriger tout le monde, mais est toujours à côté de ses pompes. Et elle est restée dans le style vestimentaire qu’elle aimait probablement tellement dans les années 70! (rires)»

«Elle n’a aucune malice, c’est une bonne personne, poursuit Sylvie Léonard. Elle parle tout le temps; quand on arrive pour prendre un café, si Francine est dans le coin, on en a pour 15 minutes! Et tout ce qu’elle raconte n’est pas toujours intéressant, mais elle le fait avec une immense joie de vivre. Personne ne peut l’haïr, mais elle devient lourde, à la fin!»

Anti techno

Sous les bons conseils du réalisateur René-Richard Cyr, Sylvie Léonard dit travailler minutieusement la composition de sa Francine, une responsable des réseaux sociaux... complètement dépassée par la technologie. À l’instar de celle qui l’incarne, ricane la principale intéressée, qui se tient loin des plateformes d’échanges virtuels et se contente d’envoyer des courriels.

«Sa voix, son maintien, son costume, son langage, son accent... C’est tellement amusant!, s’emballe Sylvie Léonard. De passer de Madeleine, qui était très rigide, élégante, et d’aller vers ce genre de personnage, c’est une très belle surprise.»

Actualisé

On aura compris, avec cette nouvelle distribution, que le «Caméra Café» nouveau ne reprendra pas là où la comédie avait laissé en 2012, lorsqu’elle a quitté les ondes de TVA après 10 ans à l’antenne.

Aucun des anciens personnages, jadis interprétés par Martin Matte, Pierre Brassard, Stéphane E. Roy ou Julie Ménard, ne sera de cette seconde vie, et les nouveaux protagonistes n’auront pas «d’équivalents» dans la précédente version. On repart à zéro, sans toutefois changer le concept de base de l’émission, explique Louis Bolduc, producteur chez Encore Télévision.

«C’est le même format, c’est-à-dire la caméra cachée dans la machine à café, qui capte à leur insu les discussions entre les différents employés. Mais chaque personnage aura son ADN à lui. Et on sera encore dans une entreprise dont on ignore ce qu’elle fabrique (rires).»

Même si «Caméra Café» demeure l’adaptation du rendez-vous français du même titre, les saynètes se baseront encore sur des textes originaux, bien au goût de 2020. On a été chercher de jeunes plumes alertes, en vue dans le milieu de l’humour présentement – dont Julien Corriveau et Sonia Cordeau («Les Appendices»), Justine Phillie (Korine Côté, «Rue King») et Richardson Zéphir («La Maison bleue») –, qui s’additionnent aux vieux routiers François Avard et Daniel Gagnon (script-éditeurs, qui signaient anciennement les textes de «Caméra Café») pour s’assurer d’un ton actuel.

«Beaucoup de choses se sont passées en huit ans, constate Louis Bolduc. Le phénomène des réseaux sociaux, le mouvement #MeToo, le télétravail, une pandémie... Il y avait une mise à niveau à faire pour proposer un "Caméra Café" bien de son temps, pour avoir un bon miroir de la société d’aujourd’hui.»

Sans masque

Le projet de ramener «Caméra Café» – une formule idéale pour permettre les tournages avec distanciation sociale, avec un seul lieu d’enregistrement – ayant pris forme pendant le confinement du printemps dernier, il sera un tantinet question de la pandémie, mais pas constamment, note Louis Bolduc.

«Les gens ne portent pas de masque, on n’est pas en contexte de pandémie. Il pourrait y avoir un moment où le concierge explique les nouvelles règles sanitaires du bureau, ou être question d’un employé souvent absent en raison du télétravail. Ça sera subtil. On ne voulait pas se donner ce carcan-là, et les gens n’ont pas le goût de se faire parler de la pandémie sans arrêt.»

Deux saisons de «Caméra Café» seront tournées d’un trait à compter de la fin octobre, aux studios MELS de l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil. La première sera en ondes à TVA dès cet hiver.

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