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Un nouveau champ de tir pour les policiers de Saguenay?

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Les policiers de Saguenay pourraient disposer d'un nouveau champ de tir afin de s'entraîner.

TVA Nouvelles a appris que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) vient d'accepter que le terrain d’un site de dépôt de matériaux secs du chemin Saint-Benoit, dans l’arrondissement de Jonquière, soit utilisé à cette fin.

Les agriculteurs voisins soulèvent toutefois certaines questions.

En mai 2019, la Ville de Saguenay avait obtenu l'autorisation d'aménager ce lieu en champ de tir au pigeon d'argile afin de relocaliser le Club de tir La Bernache.

Mais cette année, la CPTAQ autorise, au même endroit, un champ de tir pour les policiers de Saguenay, un type d'entraînement obligatoire pour les agents.

Le site est autorisé pour une période de 10 ans. Des buttes de neuf mètres de hauteur seraient aménagées au pourtour du terrain. Les tirs s'effectueraient vers l'est, en parallèle de l'autoroute 70. Des tests de son auraient été faits pour éviter de nuire au voisinage. Un champ de tir commande aussi qu'il y ait un hôpital tout près en cas de blessure.

La Fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles (UPA) s'y était opposée en raison de la superficie de 13,7 hectares autorisée en zone agricole.

«La superficie est trop grande pour l'utilisation qu’ils vont en faire, a dit le président du Syndicat local Fjord-du-Saguenay à l’UPA, Gilles Brassard. Ça ouvre une porte pour en développer plus grand.»

Surtout qu'au début de 2020, la Ville de Saguenay s'était fait dire non pour implanter le même champ de tir pour ses policiers sur le site de l'ancien dépotoir du secteur Laterrière.

«Il y a eu une autre demande ailleurs qui était plus logique. Ça reste la décision de la CPTAQ», a ajouté Gilles Brassard, visiblement déçu.

Dans le chemin Saint-Benoit, les producteurs agricoles s’interrogent. Denis Tremblay, copropriétaire de la ferme Léothé cultive les terres voisines du site autorisé.

«On n’est pas contre le champ de tir. C’est un bel endroit», a indiqué M. Tremblay. Il est toutefois préoccupé par la surface accordée, en pleine zone agricole. «On veut que la zone agricole reste la plus grande possible», a affirmé le producteur.

Laurier Brassard, qui est propriétaire de lots voisins, n'avait jamais entendu parler du projet. Il aurait été acheteur pour l'ancien site de matériaux secs.

«Ce sont des terres qui, une fois travaillées, pourraient redevenir en culture», a évalué M. Brassard. L'arrivée d'un champ de tir l'inquiète. «Je suis sidéré. Même si on dit que ça va être sécuritaire, j’ai quand même peur pour ma sécurité et celle de mes enfants», a-t-il dit.

Il manque une dernière autorisation à Saguenay pour aménager son champ de tir, celle du ministère de l'Environnement du Québec. Elle était attendue au début octobre, mais la pandémie a tout retardé.