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«C’est quelque chose de terrifiant», dit l’ancienne mairesse d’Éragny

TVA Nouvelles

«C’est quelque chose de terrifiant chez nous», c’est ainsi qu’a décrit l’ancienne mairesse d’Éragny, l’attentat terroriste lors duquel un professeur a été décapité dans cette région du nord-ouest de la France vendredi. 

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En entrevue sur les ondes de LCN, Dominique Gillot, a décrit sa région de Conflans-Sainte-Honorine, comme plutôt paisible, et rien ne pouvait laisser croire qu’un acte d’une telle violence pouvait survenir.

Le professeur qui prônait la liberté d’expression qu’il enseignait, et autour de laquelle des débats étaient organisés en classe, présentait chaque année dans ses cours une caricature de Mahomet, rapporte l’AFP.  

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«Il s’est passé plusieurs jours entre le moment où ce cours a eu lieu et cet assassinat particulièrement sauvage. Des enfants sont rentrés chez eux en faisant état de la leçon qu’ils ont reçue de l’enseignant. Dans certaines familles, le sujet de la leçon a été perçu comme dommageable. Une famille a même porté plainte, et une autre a réalisé une vidéo pour dénoncer ce professeur : qui il était, où il travaillait, ses méthodes contestées», explique Mme Gillot. 

Elle considère que le professeur n’a pas rencontré son bourreau par hasard. «L’assassin l’a pourchassé, l’a suivi, recherché, parce qu’il lui a été désigné et dénoncé comme quelqu’un qui apportait un trouble aux valeurs islamiques», considère Mme Gillot. 

Deux familles qui ont dénoncé les méthodes pédagogiques du professeur sont d’ailleurs enquêtées par les autorités. 

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La municipalité d’Éragny, où Mme Gillot a été mairesse de 2001 à 2014, a une population mixte, qui vit bien ensemble avec des enfants scolarisés. 

«Il n’y avait pas de tensions particulières. Nous avons une petite mosquée très accueillante et dont les animateurs, les dirigeants, se tiennent à distance des problèmes de rivalités communautaires. Ils ont été très solidaires de leurs amis, de leurs voisins lors des attentats de Charlie Hebdo», illustre-t-elle.

Elle ne croit pas que la région soit un terreau fertile pour l’islam radical ou le terrorisme. Elle note toutefois que plusieurs familles désavouent le système d’éducation républicain français. 

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«Ils contestent les principes de l’école, de la citoyenneté, l’école de la liberté de penser, de la liberté d’expression», laisse-t-elle tomber.

Cet attentat provoque une émotion intense dans toute la France, mais aussi chez les enseignants.

«Je pense que des professeurs aujourd’hui doivent être meurtris pour ne pas dire terrifiés», conclut Mme Gillot. 

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus. ***

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