/news/politics

L’Alberta en route vers un système semi-privé?

Agence QMI

PHOTO D'ARCHIVES

L’Alberta pourrait-elle devenir la première province canadienne à se doter d’hôpitaux privés? Les membres du Parti conservateur uni, le parti au pouvoir, ont voté en faveur de cette proposition dimanche lors de leur congrès.

Comme le rapporte Global News, 53 % des membres du parti du premier ministre Jason Kenney ont appuyé l’idée de mettre en place des hôpitaux privés en parallèle aux établissements publics déjà existants.

Selon les partisans de cette motion, des fonds présentement investis à l’étranger resteraient alors dans la province. D’après leurs calculs, plusieurs contribuables se doteraient d’une assurance privée pour profiter du réseau hybride plutôt que de s’adonner au tourisme médical pour avoir accès à des soins de santé plus rapide.

Leur argument est loin d’avoir convaincu tout le monde dans ce parti pourtant marqué très à droite, le ministre des Services, Nate Glubish s’y étant opposé ouvertement.

Instaurer un système de santé géré et financé par le privé est l’enjeu qui a le plus divisé les militants cette fin de semaine.

Pas pour tout de suite

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, n’a pas pris part au débat. Sa porte-parole, Christine Myatt, a toutefois indiqué à Global News que les propositions votées cette fin de semaine par le parti n’allaient pas aboutir en loi à court terme. Elle a seulement laissé entendre que le passage à un système de santé semi-privé pourrait faire partie de la plateforme électorale du Parti conservateur uni pour le scrutin de 2023.

Mme Myatt a cependant fait savoir que la proposition doit être conforme à la Charte des droits et à la loi fédérale.

Le débat autour du privé en santé a toujours épineux partout au Canada, et surtout au Québec.

Sujet clivant

En 2005, la Cour suprême, dans un jugement extrêmement controversé et divisé, avait statué que les délais dans le réseau de santé public québécois mettaient en danger la vie des patients et étaient donc contraires à la Charte.

L’arrêt Chaoulli avait ouvert la voie à une certaine privatisation en santé, mais finalement le gouvernement québécois n’a élargi le recours aux assurances privées que pour quelques soins supplémentaires, comme les opérations pour les cataractes.