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Des milliers de personnes rassemblées à Paris en hommage au professeur décapité

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Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche partout en France pour rendre hommage au professeur décapité vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, un attentat qui a conduit le gouvernement a annoncé des mesures contre la propagande en ligne et pour la sécurité des écoles.

À Paris, c'est l'emblématique place de la République, épicentre de l'énorme défilé du 11 janvier 2015 après les attentats jihadistes de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, qui a été choisie pour le rassemblement.

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Pancartes à la main, «Je suis prof», «Non au totalitarisme de la pensée», «Liberté d'expression, liberté d'enseigner», les manifestants ont salué dans le calme la mémoire de cet enseignant, proclamant leur refus de l'obscurantisme et chantant la Marseillaise.

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«Je suis là comme prof, comme maman, comme Française et comme républicaine», a ainsi déclaré Virginie, 52 ans, une professeure de musique de la région parisienne.

D'autres manifestations se sont tenues dans les grandes villes comme Lyon (centre-est), Lille (nord), Strasbourg (est) ou Marseille (sud).

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Dans la foule, de nombreux enseignants. «Je suis en colère contre l'institution, qui ne nous protège pas assez», s'est exclamée à Lille Lise, professeure de français.

Certains manifestants portaient des pancartes où étaient affichées des caricatures de Mahomet publiées par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

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Guigané, 34 ans et médiatrice socioculturelle en région parisienne, son fils de 4 ans sur les épaules, est venue rendre hommage à Samuel Paty, et «s'indigner contre cet acte odieux et affreux». «Il ne faut pas que cette violence s'installe et devienne notre quotidien ni qu'on s'y habitue».

Le président Emmanuel Macron a ordonné dimanche des «actions concrètes» rapides contre la propagande islamiste radicale en ligne.

Au cours d'une réunion avec six ministres et le procureur antiterroriste Jean-François Ricard, il «a demandé qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain», a ajouté la présidence.

 

 Le chef de l'État a prévu le renforcement de la sécurité des établissements scolaires et de leur environnement pour le 2 novembre, date de la rentrée après les vacances de la Toussaint.

Un plan d'action va par ailleurs être déclenché dans le courant de la semaine «contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés» qui propagent des appels à la haine, a précisé la présidence.

M. Macron a également décidé d'agir immédiatement contre ceux qui ont approuvé l'attentat sur les réseaux sociaux. Depuis vendredi, les forces de sécurité ont «identifié 80 messages qui soutiennent l'action de l'agresseur. Ils donneront lieu dès demain (lundi) à des procédures diligentées par la police ou la gendarmerie», comme des convocations ou des perquisitions à domicile, selon l'Élysée.

Vendredi après-midi, Samuel Paty, père de famille de 47 ans a été décapité près du collège où il enseignait l'histoire-géographie dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, dans la banlieue ouest de Paris. Son assaillant, Abdoullakh Anzorov, un réfugié russe d'origine tchétchène de 18 ans, a ensuite été abattu par la police.

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Trois semaines après une attaque islamiste durant laquelle un Pakistanais avait blessé à coups de hachoir deux personnes qui se trouvaient devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, et en plein débat le séparatisme religieux, l'assassinat a profondément choqué le pays.

Un hommage national sera rendu au professeur mercredi.

Selon les éléments dévoilés par le procureur antiterroriste Jean-François Ricard, le professeur d'histoire avait organisé avec ses élèves un débat, prévu dans le cadre des cours d'éducation civique, au cours duquel il a montré des caricatures du prophète Mahomet. Il avait alors proposé aux élèves qui le souhaitaient de ne pas regarder certains dessins.

Le père d'un élève, placé en garde à vue, s'était indigné de ce cours dans plusieurs vidéos, rendant public sur internet le nom du professeur et l'adresse du collège, et allant rencontrer la principale pour demander son renvoi. Le professeur avait ensuite reçu plusieurs appels de menaces.

Connu pour des antécédents de droit commun, mais pas des services de renseignement pour radicalisation, Abdoullakh Anzorov avait procédé à des repérages vendredi après-midi près du collège, selon M. Ricard.

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Un message adressé à Emmanuel Macron, «le dirigeant des infidèles», expliquant vouloir se venger de celui «qui a osé rabaisser» le prophète musulman et la photo de sa victime décapitée ont été retrouvés dans son téléphone. Ils avaient également été postés sur Twitter.

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Ses voisins ont brossé le portrait d'un jeune homme «discret», «plongé dans la religion» depuis trois ans.

Un total de onze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue depuis vendredi soir, notamment des proches de l'assaillant, mais aussi certaines personnes ayant livré le professeur à la vindicte sur les réseaux sociaux.

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