/news/society

Un homme entre la vie et la mort après l'incendie

AFP

Le Canada va renforcer sa présence policière dans la province de la Nouvelle-Écosse, théâtre de vives tensions entre pêcheurs autochtones et non autochtones qui ont culminé samedi avec l'incendie d'un entrepôt à homards, faisant un blessé grave.

• À lire aussi: Incendie suspect dans une usine sur fond de crise autochtone

L'incident s'est déroulé dans la nuit de vendredi à samedi dans le village de Pubnico-Ouest-le-Centre, au sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse (est du Canada), a indiqué la police samedi dans un communiqué.

L'entrepôt, utilisé selon les médias canadiens par des pêcheurs autochtones pour stocker leurs prises, a subi des «dommages importants», mais aucun employé n'était présent lors que le feu s'est déclenché.

Un homme est toutefois hospitalisé, entre la vie et la mort, pour des blessures qui semblent être liées à l'incendie, a expliqué la police. Celle-ci a ouvert une enquête, jugeant l'incident «suspect.»

«Je suis atterré par les actes de violence, d'intimidation et de destruction qui ont eu lieu en Nouvelle-Ecosse,» a réagi samedi soir, sur Twitter, le premier ministre canadien Justin Trudeau. «Les auteurs devront répondre de leurs actes.»

Il a précisé avoir «autorisé une demande pour offrir plus de soutien» à la police de Nouvelle-Ecosse afin «d'assurer la sécurité de tous.»

Grande région productrice de homards, la Nouvelle-Ecosse est depuis un mois le théâtre de tensions entre des pêcheurs autochtones de la nation Mi'kmaq et des pêcheurs commerciaux non autochtones.

Celles-ci ont débuté lorsque les pêcheurs autochtones ont lancé mi-septembre leur saison de pêche, provoquant l'ire des pêcheurs commerciaux qui ne peuvent, selon la réglementation fédérale, commencer à pêcher qu'en novembre.

La Cour suprême garantit aux communautés autochtones le droit à une pêche de subsistance, mais ses contours sont flous. Les pêcheurs commerciaux considèrent cette pêche illégale parce qu'elle se déroule hors de la saison commerciale autorisée.

Les tensions sont montées d'un cran cette semaine lorsque deux entrepôts, utilisés par des pêcheurs autochtones, ont été vandalisés par des pêcheurs commerciaux. Les leaders autochtones avaient dénoncé des attaques racistes et appelé les autorités à renforcer leur sécurité.

Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, a évoqué samedi sur Twitter «la profonde inquiétude des Premières Nations».

«Ceci est du terrorisme. Le peuple Mi'kmaq a désespérément besoin d'aide maintenant», a tweeté Jagmeet Singh, à la tête du Nouveau Parti démocratique. Il a appelé M. Trudeau à mettre fin aux «belles paroles» et à «agir.»

«Nous travaillons en collaboration avec les Mi'kmaq pour mettre en oeuvre leurs droits issus de traités - et nous allons continuer à le faire. C'est la voie à suivre,» a déclaré M. Trudeau.

Dans la même catégorie