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COVID-19 et santé mentale: pas de hausse du suicide malgré la pandémie

Martin Lavoie | Le Journal de Québec

Bloc dépression tristesse suicide

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La hausse de la détresse psychologique constatée depuis le début de la pandémie de COVID ne s’est heureusement pas traduite par une augmentation du nombre de suicides, constate une association œuvrant dans le domaine.

«À date nous n’avons pas d’indications qu’il y a plus de suicides cette année. Nous n’avons pas encore tous les dossiers (de 2020), mais je parle beaucoup aux coroners et personne ne m’a dit que ça augmente dans sa région. Tant mieux, mais nous sommes encore trop hauts au Québec», analyse le coroner en chef adjoint, Luc Malouin.

Sur le terrain, c’est ce que constate aussi l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). «Depuis le début de la pandémie jusqu’au 30 septembre, il n’y a pas eu de variation importante dans le nombre de décès par suicide», indique Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS.  

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS, sur QUB radio:    

«Je confirme qu’il y a une augmentation de symptômes de troubles de santé mentale, notamment dépression et anxiété. Les études l’ont démontré récemment. Ça nous inquiète parce que ce sont des facteurs de risque associés au suicide et nous suivons de près la situation», ajoute-t-il.

Des facteurs de protection 

Et cette fameuse COVID-19, qui cause tant de déprime, ne serait finalement pas étrangère au fait que le taux de suicide n’augmente pas.

«Une hypothèse qui sera éventuellement étudiée par les chercheurs c’est qu’une personne vulnérable au suicide présente des facteurs de risques et des facteurs de protection. On pense que dans le cas de la pandémie il y a des facteurs de protection qui se sont activés», avance M. Gaudreault.

«On ne peut plus voir ses amis, mais on fait des 5 à 7 virtuels pour se parler, on est davantage préoccupé du bien-être de nos proches, de nos parents. On s’informe (des autres), on met en place un réseau de soutien, tout ça agit favorablement pour supporter les plus vulnérables. Lors de la crise du SRAS à Hong Kong en 2003 il avait été remarqué une augmentation du soutien social. C’est peut-être ce qui est en train de se passer ici», croit-il.

Trop long 

Mais les délais pour obtenir des soins dans ce domaine inquiètent toujours le directeur général de l’AQPS.

«Il y avait une pénurie de ressources avant la pandémie et c’est encore le cas. La santé mentale ne compte que pour 6 % du budget de la santé. Il y a un déséquilibre incroyable. Si mon médecin de famille me recommande une psychothérapie, ce n’est pas acceptable qu’il y ait un an d’attente.»

«C’est important de rappeler aux gens d’être très attentifs à l’état de santé de leurs proches. S’il est rassurant que le taux de suicide n’a pas augmenté, il reste qu’il y a trois personnes qui se suicident tous les jours (au Québec), et c’est beaucoup trop», conclut M. Gaudreault.

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