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Les États-Unis doivent investir dans les systèmes de garde d'enfants

Agence France-Presse

bloc CPE garderie

Photo d'archives

Les États-Unis doivent investir plus d'argent public dans la garde des jeunes enfants, un secteur touché durement par la pandémie, selon une étude de l'antenne de la Fed de Boston publiée lundi.

«La pandémie a mis en évidence» le fait que «le système de garde de jeunes enfants est fragile», relève cette étude des économistes Beth Mattingly, de la Réserve fédérale (Fed) de Boston, et Jess Carson, de l'Université du New Hampshire.

«Il existe une manière (de résoudre le problème), c'est avec plus d'argent. Sans investissement plus élevé, le secteur encourt des risques», commente Beth Mattingly, citée dans le communiqué, et faisant référence aux études menées «depuis des années» sur le sujet.

Il faut, selon les deux économistes, un «investissement considérable pour stabiliser et soutenir le secteur de la garde d'enfants».

Il n'existe pas de système public de garde d'enfants aux États-Unis. Les parents ont souvent le choix entre des établissements privés qui coûtent plusieurs milliers de dollars par mois, ou des établissements liés au lieu de culte.

Pour une famille sur quatre, cela représente plus de 10% du revenu, détaille l'étude. Et la moitié des familles américaines vit dans un «désert», une zone sans garde d'enfants.

Ces établissements, comparables aux crèches françaises, et qui accueillent les enfants jusqu'à l'entrée à l'école à 4 ou 5 ans, font partie des secteurs qui souffrent toujours de la pandémie.

Beaucoup de parents qui ont perdu leur emploi n'ont en effet plus les moyens de financer cette dépense.

La généralisation du télétravail risque en outre d'«augmenter la demande dans les quartiers résidentiels plutôt que dans les zones proches des lieux de travail».

Or, si la demande est faible, les établissements déjà en difficulté risquent de fermer, ce qui serait un obstacle à une reprise économique, puisque les parents auraient du mal à trouver une place pour leur enfant, et ce faisant pourraient ne pas retourner au bureau.

Les «coûts opérationnels» restent «élevés» et «rendent la garde coûteuse pour les parents, et peu rentable pour les établissements», déplorent les économistes.

Les équipements exigés par la pandémie sont venus grossir des coûts élevés en matériel, et surtout en personnel, mais les salaires sont faibles.

Cette étude indique que «même avant la pandémie, ces travailleurs se trouvaient dans une situation économique précaire et, en l'absence de solutions politiques, cette précarité devrait perdurer et s'accompagner des risques sanitaires accrus».