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Un ensemble immobilier de 350 millions $ dans Hochelaga-Maisonneuve

Guillaume Picard | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE/Rachel Julien

Les installations du ProGym vont disparaitre de leur emplacement actuel dans le quartier montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve pour être remplacées par un ensemble immobilier mixte de 350 millions $ piloté par la firme Rachel Julien.  

Six phases sont prévues pour le projet Canoë, soit des immeubles de 3 à 12 étages qui seront aménagées au coin des rues Hochelaga et Bennett.

Rachel Julien doit d’abord obtenir le feu vert de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et de la ville-centre, mais le processus suit son cours – notamment pour un changement de zonage concernant les hauteurs permises – après une longue préparation en amont et de récentes consultations publiques, incluant un atelier de co-création avec des acteurs du quartier.

À ce stade-ci, 1008 unités résidentielles sont prévues, incluant 158 logements abordables et sociaux. Des 850 condos envisagés, 200 seront locatifs.

Rachel Julien, qui est établie dans HoMa depuis une quinzaine d’années, souhaite créer un projet s’inscrivant dans le tissu urbain du quartier et adoptant les valeurs propres au développement durable. Pour ce faire, on misera notamment sur des toits verts avec potagers, un partenariat avec Miel Montréal pour la mise en place de ruches, la plantation de nombreux arbres, un parc linéaire, des cases de stationnement prêtes pour les véhicules électriques et la gestion de l’eau, etc.

«C’est un terrain qu’on regardait depuis plusieurs années quand on l’a acquis au début de 2019», a indiqué à l’Agence QMI la vice-présidente et directrice générale de Rachel Julien, Mélanie Robitaille.

«On a demandé à quatre firmes de nous soumettre leur vision et nous avons retenu la meilleure [NDLR celle de la firmeAedifica et ADHOC Architectes], qui est marquée par un passage piétonnier central, une allée des artistes qui sera animée toute saison pour les résidents du projet et ceux qui vivent dans le secteur. Notre volonté, c’est de faire des choix parmi les meilleures pratiques écologiques, tout en demeurant un projet accessible pour les gens du quartier», a-t-elle ajouté.

PHOTO COURTOISIE/Rachel Julien

 
En plus des unités d’habitation, le site accueillera une épicerie, une pharmacie, des commerces de proximité et plusieurs services. «Il y a un déficit de commerces alimentaires dans le quartier et nous sommes en pourparlers avec des bannières. On parle d’une épicerie de 25 000 à 30 000 pieds carrés sur le site», a dit Mme Robitaille. Il y aura aussi un CPE d’une soixantaine de places, une clinique, un gym, une salle communautaire, des ateliers d’artistes et de nombreux espaces publics extérieurs. 

«L’implantation sera à 50 %, c’est donc la moitié du terrain qui sera occupé par des espaces extérieurs verts ou minéralisés», a dit Mme Robitaille. Le quartier s’est redéveloppé ces dernières années avec des ensembles de condos. Une ancienne usine-entrepôt sur Bennett est en train d’être convertie pour accueillir des bureaux de type loft et la relocalisation d’une école est prévue à l’ouest du site, sur un terrain qui a décontaminé l’an dernier. Bref, le secteur est en mutation, incluant la réfection importante prévue sur l’avenue Pierre-De Coubertin, au nord du projet Canoë. 

Soulignons que le ProGym doit normalement avoir quitté le site en date du 1er septembre 2021, selon Rachel Julien. Il sera relocalisé à l’est de l’ancienne Biscuiterie Viau, sur la rue Ontario Est. Si toutes les autorisations ont été obtenues entre temps, les pelles mécaniques et les ouvriers pourraient ainsi débarquer sur place le 2 septembre prochain pour entreprendre la démolition du bâtiment actuel et l’excavation. «Le site est très pollué, mais ça ne retardera pas la construction. Il va falloir payer pour disposer des terres contaminées», a résumé Mme Robitaille, en parlant d’une livraison de la première phase à la fin de 2022 ou au début de 2023. 

PHOTO COURTOISIE/Rachel Julien

 


Jusqu’à 12 étages

En ce qui a trait aux hauteurs des bâtiments à venir, soit de 3 à 12 étages, Rachel Julien soutient qu’il n’y aura pas de problème d’ensoleillement pour les résidents des rues limitrophes, notamment sur la rue Bennett.  

«Les bâtiments plus bas de notre projet seront situés le long de la rue Bennett, avec des reculs pour maximiser l’ensoleillement des voisins», a dit Mme Robitaille.  

Il faudra toutefois obtenir un changement de zonage pour les hauteurs. Actuellement, on permet des immeubles de 11 mètres sur le site, mais Rachel Julien vise jusqu’à 36 mètres pour 12 étages.

«Les hauteurs, on y croit, car on est à distance de marche de deux stations de métro – Pie-IX et Viau –, donc à dix minutes du centre-ville», a indiqué Mme Robitaille.
Les structures de 9 à 12 étages, les plus imposantes de Canoë, seront localisées à l’ouest ou au sud du site, en bordure d’un parc linéaire qui, espère-t-on, permettra de créer un lien piétonnier entre le Marché Maisonneuve et le Stade olympique. 

Les autres projets immobiliers de Rachel Julien

- Les Bassins du Havre: Rachel Julien est en train de compléter les Bassins du Havre, un imposant ensemble immobilier qu’elle a réalisé ces 10 dernières années dans Griffintown en association avec Prével.

- Laurent & Clark: l’ensemble immobilier Laurent & Clark est constitué de deux tours dans le Quartier des spectacles, au coin nord-ouest du carrefour de la rue Saint-Laurent et du boulevard de Maisonneuve Ouest. La première tour est construite et 10 étages de la deuxième, qui en comptera 26, ont été coulés.  

- Deux nouveaux projets seront annoncés incessamment, l’un dans Côte-des-Neiges et l’autre dans le Quartier des spectacles, sur le site de Screaming Eagle.