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Élection fédérale: aux oppositions de décider, riposte Trudeau

Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau argue que l'odieux de déclencher des élections reviendra aux partis d'opposition, en décidant d'appuyer ou non la motion conservatrice pour la création d'un comité spécial visant à faire la lumière sur l'affaire WE Charity.

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«Les conservateurs ont choisi de mettre de l’avant une motion qui établit clairement qu’ils n’ont plus confiance dans ce gouvernement. Alors les partis d’opposition auront un choix à faire», a lancé M. Trudeau en point de presse, mardi, au sujet d’un vote qui doit avoir lieu mercredi.

Les libéraux ont attaché un vote de confiance à la motion conservatrice qui était débattue en Chambre mardi, mettant ainsi au défi les partis d’opposition de faire tomber leur gouvernement minoritaire.

«Est-ce qu’ils vont continuer de faire fonctionner ce Parlement minoritaire ou est-ce qu’ils ont perdu confiance dans ce gouvernement? C’est leur choix» a ajouté M. Trudeau.

Le Bloc québécois a déjà dit qu’il se rangerait derrière la motion conservatrice, mais le Nouveau Parti démocratique fait durer le suspense.

Le chef néo-démocrate a évité de dire comment ses troupes allaient voter, mercredi, se contentant d’accuser les libéraux de chercher un prétexte pour aller en élections.

«On est tellement près de parvenir à une solution [sur le comité], donc ce qui est clair, selon moi, c’est que le premier ministre ne veut pas arriver à une solution. Il veut seulement trouver une excuse pour plonger le pays dans une élection», a-t-il martelé.

Les conservateurs ont d’ailleurs apporté des modifications à leur proposition de comité anticorruption, prenant le soin de préciser que leur initiative ne vise aucunement le déclenchement d’un scrutin fédéral.

«La mise sur pied d’un comité spécial sur des allégations de mauvaise gestion de fonds publics par le gouvernement durant la pandémie de COVID-19 ne devrait pas constituer des motifs légitimes pour déclencher des élections générales», a dit le chef conservateur Erin O’Toole.

Il a indiqué du même souffle que son parti était prêt à laisser tomber l’appellation de «comité anticorruption et qu’il avait discuté avec le NPD de cette question.

Les néo-démocrates pourraient toutefois préférer la formule alternative mise de l’avant par les libéraux, soit celle d’un comité chargé de passer en revue les dépenses du gouvernement durant la crise de la COVID-19. Cela pourrait inclure un examen du programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant, qui se trouve au cœur de l’affaire WE Charity.

Pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, la proposition libérale n’annule pas la nécessité d’avoir un comité spécial tel que proposé par les conservateurs.

«L’un n’exclut évidemment pas l’autre [...] Aller fouiller dans la teneur spécifique de comment ça s’est passé pour WE Charity alors que le gouvernement ne veut tellement pas aller là [...], c’est pertinent», a-t-il soutenu.