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La vice-première ministre dénonce la «lâcheté» de l’Université d’Ottawa

Marc-André Gagnon | Bureau parlementaire

 La vice-première ministre Geneviève Guilbault dénonce les « dérapages inacceptables » survenus dans la foulée de la suspension controversée d’une professeure de l’Université d’Ottawa.   

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Dans une publication sur les réseaux sociaux, Mme Guilbault multiplie les reproches envers la direction de l’Université, qui a procédé à la suspension temporaire de la professeure Verushka Lieutenant-Duval, après que des étudiants se soient indignés de l’utilisation du mot « nè*** » lors d’un de ses cours. 

Si l’utilisation de ce mot dans un contexte autre qu’académique « peut être très insultant et agressant pour les personnes noires », la professeure Lieutenant-Duval « n’avait aucune intention de blesser qui que ce soit », a souligné la vice-première ministre. 

« Elle a néanmoins été suspendue par l’Université. Des étudiants militants s’en sont violemment pris à elle sur les réseaux sociaux, ce qui est en soi inacceptable », déplore Mme Guilbault. 

La députée de Louis-Hébert condamne du même coup les militants qui s’en sont pris aux 34 collègues de la professeure en question, en s’attaquant « au fait qu’ils étaient francophones ». 

Une controverse a éclaté il y a quelques jours à l’Université d’Ottawa et on assiste depuis à des dérapages...

Publiée par Geneviève Guilbault - Députée de Louis-Hébert sur Mardi 20 octobre 2020

Critique sévère envers la direction        

La vice-première ministre critique sévèrement la direction de l’Université d’Ottawa, qui selon elle, a fait preuve de « lâcheté » en jetant la professeure Lieutenant-Duval « en pâture à des militants agressifs qui tiennent des propos violents envers elle et les francophones ». 

Selon Mme Guilbault, ce qui s’est produit à l’Université d’Ottawa existe aussi au Québec, où une réflexion s’impose. 

« Les universités doivent être des lieux de liberté. Liberté de pensée et liberté d’expression », considère-t-elle. 

« Comme partout, si des propos racistes sont tenus, la personne doit être punie, a-t-elle ajouté. Mais la censure et les attaques violentes sur les réseaux sociaux ne font sûrement pas partie de la solution. » 

« En important des idéologies en provenance des États-Unis, on se retrouve à provoquer les mêmes tensions sociales, constate la ministre de la Sécurité publique. On n’a pas besoin de ça ici. Depuis quand insulter des professeurs d’université parce qu’ils sont francophones fait avancer la lutte contre le racisme? » 

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